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Titre : Yellow Butterfly
Auteur : Sayana
Base : Gundam Wing
Genre : songfic, deathfic
Avertissement : Je sais, le sujet de cette fic n’est pas très original mais c’est un thème qui me plait beaucoup, alors ... voilà.
Disclaimer : Comme toujours, les G-Boys ne sont pas à moi. Et pour la chanson, c’est encore une fois Scorpions (mais non, je n’écoute pas que ça ; c’est juste qu’ils m’inspirent particulièrement !) ; seulement, comme elle a été écrite pour une femme, j’ai du changer quelques paroles, les modifications étant entre crochets.
Voilà, bonne lecture !

 

Yellow Butterfly

 

In the temple of the gods
The day had come to come together
In the early morning sun
They saw that [ boy ] that came to heaven

Duo regarda une fois de plus par la fenêtre puis poussa un soupir qui fit se retourner les deux autres pilotes. WuFei interrogea l’Américain du regard et Duo secoua la tête en signe de négation, ce qui eut pour effet de replonger les deux asiatiques dans leurs occupations brièvement interrompues. Tous deux semblaient extrêmement concentrés sur leurs taches - rédaction d’un rapport pour Heero, lecture d’un livre pour WuFei - mais Duo sentait confusément que ce n’était qu’une façade, un moyen détourné de cacher ... Leur colère ? Leur sentiment de culpabilité ? Leur peine ? Duo n’aurait pu dire exactement quelles étaient les pensées de ses compagnons ; mais leur comportement à la fois si semblable et si différent de d’habitude prouvait qu’eux aussi avaient été profondément marqués par le drame. Même s’ils n’en laissaient rien paraître. Duo, lui, laissait libre cour à sa tristesse et tant pis si les autres le jugeaient sévèrement. Il avait l’impression d’avoir perdu une partie de sa joie de vivre, une partie de lui-même. Il savait que rien ne serait plus jamais comme avant, que ... Duo se donna brusquement une claque mentale en se traitant de tous les noms. Il n’avait pas le droit de s’apitoyer de la sorte, après tout, il n’était pas le seul à avoir perdu quelqu’un de cher. La vie continuait et avec elle cette guerre qu’il haïssait. Se lamenter ainsi n’arrangeait rien, c’est ce que ne cessait de répéter le Soldat Parfait. Plus facile à dire qu’à faire ! Il était malheureux. Et il le montrait. N’en déplaise aux autres.
Duo soupira de nouveau et appuya son front sur la fenêtre, la fraîcheur de la vitre l’apaisant légèrement. Son regard se porta alors une nouvelle fois vers le bord du lac, où se tenait une forme immobile, qu’il savait perdue dans de sombres pensées.

They ask [ him ] ‘bout life on earth
If it was getting any better
[ He ] told ‘em someone took [ his ] life

- Par ici, vite !
Trowa s’élança dans le couloir, suivi de près par Quatre.
La situation devenait vraiment critique. Non seulement ils n’avaient pas trouvé les plans qu’ils étaient venus chercher, mais en plus ils avaient été repérés. Ce qui d’après Heero ne devait être qu’une opération de routine se transformait petit à petit en cauchemar.
Trowa se mit à maudire intérieurement le Japonais : il le jugeait responsable de l’échec de leur mission. En effet, le conducteur de Wing avait procédé au repérage habituel mais avait omis de leur signaler la présence d’une alarme très puissante située dans la salle informatique. Et bien sûr, maintenant, tous les soldats de la base étaient à leurs trousses. Ce serait vraiment un miracle si les deux pilotes arrivaient à en réchapper. Leur seul espoir était que les autres aient réussi à s’enfuir de leur coté, ce qui faciliterait leur propre fuite.
Sans arrêter de courir, Trowa jeta un oeil en arrière pour juger de l’avancée des soldats ; ceux-ci se rapprochaient dangereusement, ils seraient bientôt sur leurs talons. Le Français s’apprêtait à encourager son ami quand il sentit tout à coup Quatre trébucher et tomber de tout son long. Trowa stoppa net sa course à quelques mètres du blond et se retourna, prêt à faire feu. Au moment même où le petit arabe se remettait debout, Trowa vit des soldats surgir au détour d’un couloir. L’un d’eux lança dans leur direction une grenade qui atterrit aux pieds de Quatre. Trowa eut tout juste le temps de bondir dans une pièce dont la porte était entrouverte et il entendit avec horreur le bruit de l’explosion résonner dans tout le bâtiment ...

If they could send [ him ] back
Just one more time
[ He ] knew that someone feels so blue

Comme tous les matins, Trowa était assis au bord du lac, les genoux repliés sous le menton. Son regard fixe ne quittait pas la surface paisible de l’eau, seulement troublée par le vol de quelques insectes. Cette vision semblait la seule chose capable d’apaiser un peu son esprit continuellement tourmenté par ces souvenirs. Trowa restait ainsi pendant des heures, sans bouger, sans dire un mot, au grand désespoir de ses compagnons. Chaque fois que ceux-ci tentaient de le soustraire à sa contemplation silencieuse, le jeune pilote levait vers eux un regard vide, qui leur serrait le coeur. Et ce depuis presque une semaine. Au retour de cette tragique mission, Trowa s’était enfermé dans un mutisme total, ne quittant son lit que pour gagner les rives du lac, où ses amis lui apportaient à tour de rôle un plateau repas auquel il touchait à peine. Chacun était bouleversé à des degrés divers par ce qui était arrivé mais Trowa semblait le plus atteint, pour une raison que tous devinaient. Le brun s’enfonçait jour après jour dans une dépression de plus en plus profonde et aucun de ses compagnons ne savait comment l’aider.
« Comment peuvent-ils prétendre m’aider alors que tout est de leur faute ? Si Heero avait procédé correctement au repérage ... Si WuFei nous avait attendu devant la base comme prévu ... Et Duo, s’il ne s’était pas blessé lors d’une précédente mission, c’est lui qui m’aurait accompagné ... Et même Quatre, pourquoi a t-il tant insisté pour venir avec moi ?? Il prétendait ne pas vouloir me quitter, être toujours avec moi malgré le danger. Et voilà le résultat ... Non, en vérité, le seul responsable, c’est moi, moi qui ai été incapable de le protéger alors qu’il avait besoin de moi ... J’aurai dû faire quelque chose et je n’ai rien fait ... J’aurai dû le tirer dans cette pièce, ou rester avec lui dans le couloir ... Mais je l’ai laissé seul, il est mort seul, seul, seul ...»

Wouldn’t it be nice ... Hold on
To spread the wings and fly ... Don’t kill the butterfly
To see him one more time ... Hold on
To be a yellow butterfly ... Don’t kill the butterfly

Trowa ne prêtait aucune attention au ballet des innombrables insectes qui voletaient autour de lui. Son regard empli de larmes se posait sans les voir sur les libellules et autres papillons qui peuplaient les rives de ce lac admirable. Une des nombreuses propriétés de Quatre. Une de ses préférées, aussi. Lui, l’enfant des Colonies, appréciait particulièrement la Terre et ses beautés naturelles
" C’est magnifique. Les terriens se rendent-ils compte combien leur planète est belle ? "
C’est pour cette raison qu’il avait choisi cette maison pour leur dernière planque, elle était comme un havre de paix au milieu des violences de la guerre. Trowa sentit son coeur se serrer à cette évocation et il ferma les yeux pour chasser les larmes qu’il sentait couler. Lorsqu’il les rouvrit, un superbe papillon virevoltait devant son regard. Un papillon jaune aux taches bleues. Le jeune homme s’apprêta à le chasser de la main mais une impulsion étrange arrêta son geste. Il se mit alors à suivre des yeux les mouvements gracieux du papillon. L’insecte semblait vouloir l’hypnotiser.
C’est au moment où un rayon de soleil illumina les ailes du papillon que Trowa comprit ...

He’s been sitting on the bay
Lost inside a cloud of darkness
When he saw the butterfly
Dancing in the wind
The story goes
He knew that [ he ] was still so close

Ce papillon ... Bleu lumineux et jaune éclatant ... Aigues-marines étincelantes masquées par des mèches dorées ... Quatre ...
Le papillon vint se poser délicatement sur le bras de Trowa. Le jeune homme sentit alors qu’il ne serait plus jamais seul, que quelque part, là-haut, Quatre veillait sur lui. Son coeur avait cessé de battre mais son âme resterait éternellement à ses cotés pour le protéger ...

Wouldn’t it be nice ... Hold on
To spread the wings and fly ... Don’t kill the butterfly
To see [ him ] one more time ... Hold on
To be a yellow butterfly ... Don’t kill the butterfly

 

FIN