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Titre : Still Loving You
Auteur : Sayana
Base : Gundam Wing
Genre : songfic, yaoi
Avertissement : c’est ma première fic yaoi, on peut considérer ça comme une excuse ?!?!
Disclaimer : Faut-il préciser que les G-Boys ne sont pas à moi ? Quant à cette magnifique chanson, elle est de mon groupe préféré, les Scorpions (groupe un peu tombé dans l’oubli mais que j’adore ; si vous ne connaissez pas, je vous le conseille vivement).
Voilà, bonne lecture !

 

Still Loving You

 

Time, it needs time
To win back your love again
I will be there, I will be there
Love, only love
Can bring back your love someday
I will be there, I will be there

 
Quatre regardait fixement la piste où un halo de lumière éclairait les deux acteurs. Malgré le masque de clown qui lui cachait la moitié du visage, Trowa semblait toujours aussi impassible, imperturbable. Pourtant, l’un des couteaux lancés par Catherine venait de lui effleurer le cuir chevelu, sectionnant au passage quelques cheveux. « Il est en transe » avait dit un jour la jeune femme devant l’immobilité de Trowa. Son attitude, son regard ... c’était comme s’il lançait un défi muet à la lanceuse de couteaux ... et par là-même à la mort.
Quatre frissonna à cette pensée et ferma les yeux, aussi bien pour fuir ce spectacle qui lui glaçait le sang que pour se replonger plus facilement dans ses souvenirs. Quatre ne pouvait s’empêcher de se sentir responsable. Bien sûr, Trowa avait toujours eu ce genre de comportement un peu suicidaire ; pas autant que Heero cependant mais assez pour inquiéter Quatre de le voir toujours prendre autant de risques. Souvent par sa faute. Le jeune arabe se remémora péniblement le jour où, sous l’emprise du Système Zéro de Wing, il avait essayé de tuer Heero et Trowa ; ce dernier n’avait pas hésité à braver la mort pour tenter de le ramener à la raison. Ce qu’il avait réussi à faire mais au péril de sa vie.
Un murmure dans le public lui fit brusquement rouvrir les yeux. La roue sur laquelle était attaché Trowa s’était mise à tourner et Catherine s’apprêtait à nouveau à lancer ses couteaux. Quatre sentit une nouvelle fois son coeur se serrer. Ce numéro était vraiment dangereux. D’ailleurs, même si Cathy ne tremblait pas, Quatre pouvait ressentir la peur qui émanait d’elle. Comme si ... elle n’approuvait pas. L’impression qui se dégageait de cette scène était étrange pour le jeune empathe : Trowa impassible sur sa roue et Catherine inquiète et réprobatrice. Oui, cette idée venait probablement de Trowa. Un nouveau défi. Et Quatre eut l’horrible sentiment que si Trowa agissait ainsi, c’était à cause de lui, même si le clown ignorait sa présence dans le public. Oui, c’était sa faute, c’était lui, bien qu’involontairement, qui l’avait poussé à franchir un pas supplémentaire vers le danger et la mort. Sûrement depuis ...
 
I’ll fight, babe, I’ll fight
To win back your love again
I will be there, I will be there
Love, only love
Can break down the walls someday
I will be there, I will be there

 
Comme souvent ces derniers temps, Quatre ne dormait pas. Il fixait le plafond, perdu dans de sombres pensées, un pli d’angoisse barrant son front. Trowa ouvrit les yeux et admira silencieusement le beau visage de son amant. Celui-ci ne semblait pas s’être aperçu de son réveil. Il le prit alors tendrement dans ses bras et posa un baiser délicat sur ses lèvres. Quatre se tourna vers lui, l’air soucieux et triste. Trowa fronça les sourcils.
- Qu’est-ce qu’il se passe, Quatre ?
- Rien, je t’assure, répondit Quatre avec un pâle sourire.
La pleine lune qui éclairait la chambre permit à Trowa de voir des larmes dans les yeux du jeune homme. Il resserra son étreinte sur le petit blond et lui demanda doucement :
- Quatre, si tu as un problème, tu peux m’en parler.
- Je ... C’est trop dur, répondit Quatre dans un souffle.
Vraiment inquiet, Trowa s’appuya sur un coude et caressa du bout des doigts le visage tant aimé.
- Quatre, s’il te plaît.
Le petit arabe ferma les yeux un instant, puis comme mû par une impulsion soudaine, il se redressa et s’adossa au montant du lit. Puis il tourna de nouveau la tête vers son amant et Trowa put voir clairement qu’il pleurait.
Au comble de l’inquiétude, Trowa lui prit la main, que le petit blond retira aussitôt.
- Trowa, il faut qu’on parle.
Trowa sentit son coeur se serrer en entendant la voix triste mais déterminée de Quatre. Ce ton ne lui plaisait pas du tout, il lui semblait annoncer la fin du monde. Ou la fin de son monde.
Quatre inspira profondément puis se décida à parler.
 
If we’d go again
All the way from the start
I would try to change
The things that killed our love
Your pride has built a wall, so strong
That I can’t get through
Is there really no chance
To start once again
I’m loving you

 
- Trowa, tu sais que je t’aime, je t’aime plus que tout au monde.
Trowa acquiesça silencieusement.
- Mais ...
Quatre semblait avoir du mal à continuer, il cherchait ses mots. Trowa lui prit de nouveau la main, que cette fois le petit arabe ne chercha pas à retirer. Ce contact parut lui redonner courage.
- Tu sais que dans ma famille, seuls les enfants mâles peuvent hériter. C’est pour cette raison que mon père tenait tant à avoir un fils. Maintenant que mon père est mort, je suis son unique héritier. Et je dois perpétuer la tradition. Ce qui veut dire que je suis censé me marier et avoir des enfants. Tu vois où je veux en venir ?
Trowa le fixait sans répondre mais Quatre pouvait lire dans son regard qu’il commençait à comprendre.
- Il y a longtemps, j’ai fait une promesse à mon père. Je lui ai dit que je reprendrai ses affaires, puis que mes enfants le feraient à leur tour ; c’est l’une des rares fois où j’ai pu voir de la fierté et de la reconnaissance dans le regard de mon père ; cela semblait si important pour lui. Puis lorsque je suis devenu pilote de Gundam et que je t’ai rencontré, j’ai oublié cette promesse. Elle a ressurgi dans ma mémoire il y a seulement quelques temps. En fait, le jour où WuFei a annoncé que Sally allait avoir un bébé. Un héritier du Clan des Dragons. Il y avait une telle fierté dans son regard, un tel espoir ... Les mêmes que ceux qui ont illuminé le visage de mon père autrefois ; je me suis rendu compte alors que j’étais en train de décevoir tous ses rêves, une fois de plus. Non ! Mon amour pour toi n’est pas une erreur ! s’écria Quatre devant le visage fermé de son ami. Seulement, même si nous nous marions, nous ne pourrons pas avoir d’enfant à nous.
- Qu’est-ce que tu comptes faire ? demanda froidement Trowa.
- Je ne sais pas. Je suis partagé entre mon amour pour toi et cette promesse faite à mon père. Je ne sais vraiment pas quoi faire.
-Moi, je crois que le simple fait de te poser la question prouve que tu as déjà fait ton choix
Quatre écarquilla les yeux avec effarement.
-Quoi ? Mais ... Je
- Si tu m’aimais vraiment, tu aurais déjà rejeté cette promesse. Si tu t’interroges sur ce que tu dois faire, c’est que tu doutes de tes sentiments.
- Mais non, Trowa, hurla Quatre les larmes aux yeux. C’est juste que ... j’ai toujours déçu mon père par mon comportement, je n’ai jamais répondu à ses attentes. J’aurais juste voulu qu’il soit fier de moi, juste une fois.
- En sacrifiant ton bonheur ? NOTRE bonheur ? Quatre, regarde la réalité en face. Il est mort, rien ne pourra le faire revenir. Alors à quoi bon respecter une promesse dont tu es le seul à te souvenir ?
- Seulement par respect pour sa mémoire. Pour mériter la confiance qu’il a placée en moi ce jour-là.
Un lourd silence s’établit entre eux tandis qu’ils se défiaient du regard, aigues-marines tristes mais déterminées contre émeraudes vibrantes de colère. Ce fut Trowa qui mit fin à la joute silencieuse.
- Je constate que tu as déjà pris ta décision.
- Non ! Enfin, je ... je n’arrête pas de retourner le problème dans ma tête sans trouver de solution et ...
- Ne te fatigue plus. Je vais te simplifier la tâche.
- Qu’est-ce que tu veux dire ?
Quatre avait sursauté sous le ton dur de son ami. Il le vit se lever, enfiler ses vêtements et se diriger vers la porte ; il s’arrêta, la main sur la poignée, et dit sans se retourner :
- Tu vas gâcher ta vie.
Puis il sortit, laissant Quatre en pleurs.
 
Try, baby try
To trust in my love again
I will be there, I will be there
Love, our love
Just shouldn’t be thrown away
I will be there, I will be there

 
Les applaudissements de la foule firent revenir Quatre à la réalité. Trowa et Catherine se tenaient au milieu de la piste et saluaient le public. Quatre put voir avec soulagement que le numéro s’était bien déroulé et que Trowa n’était pas blessé. Les deux jeunes gens retournèrent en coulisse tandis que d’autres artistes prenaient leur place.
Quatre suivit le reste de la représentation d’un oeil distrait ; il ne savait pas pourquoi il était venu. Ou plutôt si, il avait eu une brusque envie de voir Trowa, une envie irraisonnée qui lui avait fait abandonner ses affaires sans aucune explication. Une fois devant le cirque, il s’était demandé ce qu’il devait faire. Si Trowa l’apercevait, il lui demanderai sans aucun doute de partir. Quatre avait donc décidé qu’il valait mieux entrer sous le chapiteau sans se faire remarquer et s’était installé dans un coin d’où il pouvait tout voir tout en passant inaperçu. Il avait frémi lorsque Trowa avait pénétré sur la piste. Tous ces mois qui s’étaient écoulés avaient mûri le jeune homme et malgré son air froid et mystérieux, il dégageait toujours autant de charme. Quatre n’avait pu détacher son regard de cet homme qu’il avait tant aimé. Qu’il aimait toujours. Et maintenant qu’il avait quitté la piste, Quatre n’avait plus qu’une envie, le revoir une dernière fois. Il ne l’aborderai pas, bien sûr, il se contenterai de l’observer de loin.
Quatre attendit la fin de la représentation, puis il se laissa emporter par le flot de la foule qui se dirigeait vers la sortie. Il contourna ensuite le chapiteau et s’approcha de la cage des lions, derrière laquelle il se cacha du mieux qu’il put. De cet endroit, il espérait apercevoir Trowa sortir de sa loge, juste en face. Le petit arabe fit mine de s’intéresser aux animaux tout en jetant des coups d’oeil fréquents en direction de la caravane. Absorbé dans ses pensées, il n’entendit pas des pas se rapprocher et sursauta en entendant une voix dure lui demander froidement :
- Qu’est-ce que tu fais ici ?
Quatre déglutit péniblement, puis il se retourna lentement pour se retrouver face à un mur.
 
If we’d go again
All the way from the start
I would try to change
The things that killed our love
Your pride has built a wall, so strong
That I can’t get through
Is there really no chance
To start once again

 
Trowa se tenait en face de lui, le visage fermé et sans expression. « Exactement comme un mur », pensa Quatre amèrement. Le petit blond avait mis des mois à gagner la confiance de l’ancien mercenaire, mais petit à petit, le mur de protection que Trowa avait érigé autour de lui avait fini par se fissurer, et Quatre avait découvert un être aimant et fragile. Si fragile qu’il s’était empressé de reconstruire un mur encore plus solide après leur rupture.
Quatre soupira en se maudissant de n’avoir pas su être plus discret. Le comble pour un ancien terroriste.
Trowa n’avait pas bougé, les bras croisés, et son regard émeraude fixait Quatre d’un air dur qui mit le jeune arabe mal à l’aise.
- Je répète, qu’est-ce que tu fais ici ? Et pourquoi tu te cachais ?
- Je ... Je ne voulais pas que tu me voies, avoua piteusement Quatre.
- Et pourquoi ? Tu m’espionnes ?
- Non !!! Oui ... Enfin, je voulais juste ...
- Tu n’as rien à faire ici. Va t-en !
La dureté du ton fit mal au petit blond. Trowa lui en voulait vraiment. Et il avait parfaitement raison. Quatre tenta alors de s’expliquer.
- J’aimerais que tu m’écoutes. Juste deux minutes, rajouta t-il devant le froncement de sourcils du brun.
Quatre ferma les yeux, inspira profondément pour se donner du courage puis se lança.
- Je ... J’aimerai que tu me pardonnes, pour tout ce que je t’ai fait subir. Tu as souffert à cause de moi et je t’en demande pardon.
- Excuses acceptées, répondit mécaniquement Trowa. Maintenant, tu peux partir.
- Non, attends, je sais très bien que tu m’en veux mais ...
- Tu te trompes, je ne t’en veux pas.
Quatre fut surpris par ces paroles auxquelles il ne s’attendait pas. Il pensait que Trowa allait se mettre en colère, ou mieux encore l’ignorer. Mais ces mots ... Et le ton employé. Trowa avait essayé d’être cinglant mais Quatre avait plutôt ressenti ... comme de l’apaisement. Le jeune arabe l’interrogea du regard pour le pousser à continuer.
- Ce que je veux dire, c’est que je ne t’en veux plus.
Trowa poussa un soupir. Visiblement, ce qu’il allait dire lui coûtait beaucoup. Lui qui n’avait pas l’habitude de parler allait devoir s’expliquer et Quatre savait à quel point c’était dur pour lui.
- C’est vrai que je t’en ai voulu au début, je ne comprenais pas ta décision. Je ne comprenais pas comment tu pouvais accepter de te sacrifier, et ainsi sacrifier notre amour, pour tenir une promesse faite à un homme qui ne pouvait même plus t’en remercier. Et puis, j’ai fini par comprendre. L’une des raisons pour lesquelles je suis tombé amoureux de toi, c’est que tu es quelqu’un d’intègre, à qui l’on peut faire confiance, en toutes circonstances. L’amour passe par la confiance et moi qui n’avais jamais appris à aimer, tu m’as montré à quel point il est important de s’appuyer moralement sur quelqu’un. Et j’ai fini par t’accorder ma confiance.
- Pourtant, je t’ai trahi, murmura Quatre tristement.
- Oui, tu m’as trahi mais tu n’as pas trahi la confiance que j’avais en toi.
Devant le regard plein d’incompréhension du petit blond, Trowa fit un effort visible pour chercher les mots qui résumeraient le mieux sa pensée.
- Ce que je veux dire, c’est que tu avais donné ta parole à ton père et que tu as tout fait pour respecter cette parole. Ton père avait confiance en toi et tu as refusé de le trahir, malgré sa mort. Je ne sais pas si je me fait bien comprendre, ni même si tu peux me comprendre. Mais ... si tu avais renoncé à ta promesse, j’aurais sûrement pris cela comme une trahison ; parce que si tu m’avais promis quelque chose d’important, je n’aurais pas été sûr de te voir respecter ta parole. Même si j’en ai beaucoup souffert, je sais que tu as agi selon ta conscience, selon ce que tu croyais juste et pour moi, c’est le plus important. Alors je t’ai pardonné parce que si tu m’avais choisi, moi, je ne sais pas si j’aurais pu continuer à t’aimer en doutant de ton intégrité. Alors, non, je ne t’en veux plus.
Quatre sentait les larmes couler sur son visage, sans même songer à les arrêter. Les paroles de Trowa lui allaient droit au coeur et en même temps réveillaient sa culpabilité. Trowa ne lui avait jamais fait une telle déclaration quand ils étaient ensembles. Bien sûr, il lui disait qu’il l’aimait mais de tels mots qui semblaient venir du fond de son âme ... Quatre était bouleversé. Comment avait-il pu éveiller de tels sentiments chez Trowa alors que lui-même se trouvait tellement lâche ?
Trowa le fixait à nouveau sans rien dire. Mais son expression était différente, comme apaisée.
- Je crois que tu m’idéalises un peu trop, souffla Quatre tristement, les yeux baissés. Tu as qualifié ma conduite d’intègre mais moi je dis que c’est de la lâcheté. Oui, je ne suis qu’un lâche qui passe son temps à fuir. J’ai toujours laissé les autres décider de ma vie à ma place. Je suis faible.
- Non, il faut faire preuve d’un certain courage pour vivre suivant ce que dicte sa conscience.
Quatre releva la tête à ces paroles et vit le sourire - tendre ? - que lui adressait Trowa. Le petit arabe eut encore plus honte.
- Le seul acte de courage dont j’ai fait preuve jusqu’à présent, ça a été d’annuler mon mariage.
- Tu as annulé le mariage ? répéta Trowa l’air surpris.
- Oui, cette union n’était pas juste pour moi mais surtout pour ma fiancée : malgré mon affection pour elle, je ne l’aimais pas et je ne voulais surtout pas la rendre malheureuse. Elle a très bien compris mes motivations. Mieux même, elle m’a permis de comprendre qu’il n’y a rien de pire qu’un mariage sans amour. Et c’est l’une des raisons pour lesquelles je suis là, aujourd’hui.
Quatre s’interrompit un instant pour scruter le visage de Trowa et y déceler une quelconque émotion. Malgré l’absence de réaction du brun, il décida qu’il n’avait plus rien à perdre et se lança.
 
If we’d go again
All the way from the start
I would try to change
The things that killed our love

Yes, I’ve hurt your pride, and I know
What you’ve been through

 
- Je sais très bien que je t’ai fais souffrir et je m’en veux terriblement. Même si tu dis que tu m’as pardonné, moi je me sens toujours aussi coupable. Alors je comprendrais très bien que tu ne veuilles plus jamais m’adresser la parole . . Surtout après m’avoir avoué ce que tu pensais de moi ... Je ne sais plus trop si j’ai raison ou pas de te le dire. Mais je voulais juste que tu saches que ...
 
You should give me a chance
This can’t be the end

 
- Tu es la personne qui compte le plus à mes yeux et ...
 
I’m still loving you
I’m still loving, I need your love

 
- ... Je t’aime toujours.
 
I’m still loving you

 

FIN

 

Est-ce que Trowa doit donner une seconde chance à Quatre ou est-ce vraiment fini entre eux ? Ca, c’est à chacun de le décider ...