Retour au site ChibiSayana

 

Titre : Skywriter
Auteur : Sayana
Base : Les Vacances de l’Amour ^^
Genre : YAOI !!! Songfic (je crois que ça n’étonne plus personne, maintenant ^^), réécriture du scénario original de la série, POV de José, sûrement un peu OOC (beaucoup, même ^^ ;;;)…
Situation : José a quitté Love Island depuis deux ans, et nous le retrouvons dans l’avion qui le ramène vers ses amis …
Note de l’auteur : J’ai toujours trouvé que ce système de lettre était assez artificiel pour un POV, mais je n’ai pas réussi à le tourner autrement. Alors, le tout manque sûrement d’originalité, tant dans le fond que dans la forme, mais j’avais vraiment envie d’exposer une théorie bien à moi pour expliquer le comportement de José … Je me suis bien amusée à écrire cette histoire ^^. C’était en fait un défi que je m’étais lancé : arriver à écrire un POV YAOI de José, le plus cohérent et convaincant possible. Je pense (enfin, j’espère !) avoir réussi mon pari. Et je suis sûre que je vais bien m’amuser aussi à lire certaines réactions ^^ ;;.
Commentaire : Ca fait assez longtemps que n’ai pas revu certaines parties de la saga, notamment « Hélène et les Garçons », donc mes souvenirs sont assez flous. J’espère ne pas avoir commis trop d’erreurs …
Disclaimer : Les personnages de LVDLA ne sont bien sûr pas à moi, je ne fais que les emprunter à AB Productions, JLA Production ou je ne sais plus qui d’autre. De toute façon, vu comment je viens de transformer la série, ça m’étonnerait fort qu’ils me confient l’écriture des prochains épisodes ^^ ;;;.
La chanson « Skywriter » est tirée de l’album « Eye to Eye » des Scorpions (comme c’est bizarre ... ^^).
Voilà, bonne lecture et n’hésitez surtout pas à me dire ce que vous en avez pensé !

 

Skywriter

 

You have got a body to
To make a man just lose his mind
To give me a shiver send it down to my spine
It's all because of

« Dans quelques heures à peine, je vais enfin te revoir.
Cela fait deux ans déjà que je suis parti. Deux longues années pendant lesquelles j’ai essayé de t’oublier, de faire le vide dans mon esprit.
Mais comme je le savais intuitivement avant même mon départ, cela a été en vain.
Car en dépit de la distance, en dépit de ces milliers de kilomètres que j’ai délibérément placés entre nous, ton image est toujours aussi vivante dans mes pensées. Malgré tous mes espoirs, cet éloignement volontaire n’a pas suffi à t’effacer de mon cœur. Tu es toujours là, à chaque seconde, à chaque souffle.
Cette douleur insidieuse elle-aussi est toujours présente en moi, cette conviction atroce que rien ne sera jamais possible malgré mes rêves les plus fous …
Mon cœur se serre une nouvelle fois à cette pensée, et la même boule apparaît au creux de mon estomac. Je devrais y être habitué, maintenant, cette sensation ne m’a pas quitté depuis des mois.
Depuis que je te connais, pour être exact.
Et pendant toutes ces années, je t’ai vu évoluer là, devant moi, tout près de moi et en même temps si lointain, si inaccessible.
Si différent.
Et cette certitude, cette douloureuse évidence qu’il ne pourrait jamais rien y avoir entre nous, excepté cette belle amitié qui nous liait … Cette complicité capitale à mes yeux, qui m’apportait tellement de choses … Cette relation à laquelle je n’aurais renoncé pour rien au monde, qui m’était même devenue vitale au fil des jours.
Et qui cependant m’empêchait tragiquement de vivre …
Oui, cette amitié de laquelle je m’étais contenté pendant si longtemps ne me suffisait plus. Devoir vivre quotidiennement à tes côtés, si près de toi, tout en sachant que tu ne serais jamais aussi proche que je l’aurais souhaité, cette perspective m’était devenue insupportable.
J’avais besoin d’autre chose, je le sentais.
Pourtant, je m’étais efforcé de donner le change pendant des années, j’avais joué le jeu de tout mon cœur pour conserver intacte cette amitié si importante dans ma vie, pour ne pas tout gâcher par un geste ou une parole déplacés.
Déplacés seulement aux yeux du reste du monde, mais pas à mon âme, assoiffée d’amour et de sincérité.
Oh, bien sûr, ce n’est pas l’envie qui m’en a manqué, très souvent, même, ce besoin parfois irrépressible d’être avec toi, tout contre toi, de te hurler tous ces sentiments que je cachais depuis si longtemps et qui finissaient par m’étouffer.
Mais un tel aveu n’aurait pas manqué de tout détériorer entre nous.
Et cela, je ne pouvais m’y résoudre.
Non, plus que cela. Je n’en avais pas le droit.
Pourtant, j’ai essayé de nombreuses fois d’imaginer quelle pourrait être ta réaction face à une hypothétique déclaration. J’en ai écris le scénario inlassablement, encore et encore, indéfiniment ...
Je sais que tu ne m’aurais pas rejeté, tu es quelqu’un de trop droit, trop honnête pour un acte aussi lâche. Je devine que tu aurais écouté tout ce que j’avais à te dire calmement, malgré le choc que cela n’aurait pas manqué de provoquer en toi. Tu aurais sûrement tenté de comprendre la portée d’une telle confession. Puis, tu m’aurais probablement repoussé, non pas dédaigneusement ou avec mépris et dégoût, mais seulement en m’expliquant que tu ne partageais pas de semblables sentiments, espérant ardemment me faire le moins de peine possible.
C’est comme cela que tu as toujours agi. Avec compréhension, justesse et respect, y compris face à des émotions que tu ne partagerais pas, que tu ne pourrais même que difficilement concevoir …
Mais dans ce cas, puisque je suis tellement sûr de ta réaction, pourquoi avoir tant hésité à libérer mon esprit de ce fardeau devenu si lourd à porter, de tous ces troubles qui me pèsent depuis si longtemps, qui ont envahi mon cœur au point d’avoir parfois l’impression qu’il va exploser ?
A défaut d’être accepté, un tel aveu serait un soulagement si grand pour mon âme meurtrie … Ne plus avoir à mentir, à me cacher tel un coupable infâme, pouvoir parler sans crainte ou sans honte …
Alors, oui, pourquoi une telle appréhension ?
Quoique je te dise un jour, je suis persuadé que tu resterais toujours mon ami.
Mon meilleur ami.
Mais je sais aussi que ton regard sur moi changerait irrémédiablement. Je ne serais plus José, le dragueur impénitent, amoureux de toutes les femmes de la planète.
Je deviendrais José, qui a vécu dans le mensonge pendant si longtemps.
José, amoureux d’une seule et unique personne.
Toi.
Comment pourrais-tu à nouveau m’accorder ta confiance, alors que je n’ai jamais agi avec toi en toute sincérité ? Comment pourrais-tu me pardonner, non pas mon amour interdit et tellement sincère, mais mes secrets, mes non-dits ?
Moi, je sens que je ne le pourrais pas.
Je sais bien que tu n’es pas comme moi, justement. Toi, tu pardonnes toujours.
Mais moi, j’aurais l’impression d’avoir abusé de ton intégrité, d’avoir trahi ta confiance à tout jamais.
Bien sûr, mon amour pour toi n’a rien de répréhensible, bien au contraire, il s’agit de sentiments sincères même s’ils ne sont pas naturels aux dires de personnes à l’esprit étroit.
Mon seul tort, en réalité, est de ne t’avoir jamais rien révélé. Je t’ai habitué à toujours dire la vérité. Trop fréquemment même, souvent un peu trop franchement, surtout les choses les plus dérangeantes.
Tu ne comprendrais pas dans ces conditions que j’aie pu te mentir pendant si longtemps.
Et c’est bien là le plus grave, la seule chose en fait que tu pourrais réellement me reprocher.
Mon silence.
Et j’ai peur d’avoir à subir ces réprimandes si justes et justifiées. Je crois que je ne le supporterais pas. Savoir que tu peux être fâché réellement contre moi, même si ce n’est que très brièvement, cette idée m’est insupportable.
Oh, je sais bien que nos disputes ont toujours existé, elles ont même été nombreuses. Mais nos querelles ont toujours fini heureusement par s’arranger, parce qu’elles étaient le plus souvent futiles et sans valeur, comparées à notre amitié.
Cela fait tellement de temps que l’on se connaît, tous les deux, nous avons vécu tellement de choses ensemble.
Et nous sommes en même temps si différents … Toi, calme, pondéré, et moi colérique et impulsif …
On dit bien que les contraires s’attirent …
Sauf que dans notre cas, l’attraction ne s’est effectuée malencontreusement que dans un seul sens.

You have got a body to
To bring a man down on his knees
Just let me inside don't leave me begging please
Don't ever go

Mais cette fois, tout est différent, tout est plus grave, plus sérieux.
D’où cette angoisse qui m’a étreint à chaque fois que j’ai envisagé des aveux.
Alors, j’ai préféré me taire, et faire comme si de rien n’était. Incarner le pitre et le macho à longueur de journée, bougonner comme je sais si bien le faire. Tout pour ne pas avoir à me montrer sérieux.
Car je sens que le jour où je n’arriverai plus à me cacher, au moment où je montrerai enfin mon vrai visage, mes sentiments les plus profonds ne manqueront pas d’éclater en pleine lumière.
Tant que je me dissimule sous une apparence frivole, je sais que je ne risque rien.
Le José râleur et coureur de jupons, voilà la seule partie de moi que mes amis connaissent vraiment. La seule que je me permets de leur laisser voir.
De te laisser voir.
Comme si j’avais honte de ma vraie nature.
Il est vrai que ce n’est pas très facile, comme situation … Etre amoureux de son meilleur ami … Amoureux d’un homme lorsque l’on est soi-même du sexe identique …
Non, ce n’est pas évident.
Je n’avais jamais ressenti une attirance semblable avant de te rencontrer. Je veux dire, un attrait aussi fort, mais aussi un penchant de cette sorte.
J’ai eu de très nombreuses petites amies durant mon adolescence, mais aucune histoire vraiment sérieuse. Je n’ai jamais ressenti cette petite flamme, cette passion que habite normalement une relation amoureuse. Rien qui ne me donnât envie de me fixer avec une fille en particulier. Je mettais cela sur le compte de mon jeune age, je me disais que le Grand Amour viendrait bien à un moment ou à un autre. Plus tard, quand je serais plus mûr pour assumer une véritable liaison.
Seulement, ce jour n’est jamais véritablement venu.
Jusqu’à ce que je te rencontre.
Ou plus précisément jusqu’à ce que je fasse la connaissance d’Hélène. Elle aurait pu être la femme de ma vie, j’en suis sûr. Elle possédait tout ce que je recherchais chez la partenaire idéale, la douceur, le calme, la sensibilité et la compréhension. J’aurais pu très sincèrement tomber amoureux d’elle.
Mais malheureusement, ou heureusement peut-être, son cœur n’était pas libre.
Elle t’avait, toi.
A ce moment précis, j’ai eu comme un flash. Une révélation.
Toutes les qualités qui m’avaient séduites chez Hélène, je les retrouvais chez toi. Cette faculté d’écoute et de compréhension, cette honnêteté, cette ouverture d’esprit …
Mais tu possédais également cette force et cette assurance virile qui me manquaient tant chez une femme, ce besoin de protection que je recherchais inconsciemment chez toutes mes partenaires.
Car malgré mon attitude machiste et mon air volontairement supérieur, je n’ai jamais eu aucune confiance en moi, ce qui m’a toujours poussé à me montrer instable et agressif, comme si je devais constamment faire mes preuves et me montrer le plus fort.
Si Hélène est pour moi celle qui aurait pu représenter LA Femme Idéale, tu es sans nul doute L’Homme Idéal, tel que je le conçois, avec toutes tes qualités mais aussi tes défauts.
Mais voilà, vous étiez ensemble. Le couple parfait à mes yeux.
Comment aurais-je pu m’immiscer entre vous deux ? Je n’y avais aucune place.
Je me suis donc résigné et j’ai préféré m’effacer, restant toujours dans ton ombre, cherchant une façon d’attirer ton attention, provoquant des histoires pour que tu viennes à mon secours. Comportement extrêmement puéril, sans aucun doute, mais il s’agissait du seul moyen que j’avais trouvé pour que tu t’occupes un peu de moi, que tu m’accordes un peu de ton temps.

Everybody knows
That I'm under the spell of your love
Got nothing but you on my mind
That's the way it goes
It's no wonder you're tearing my heart
Simply in pieces tonight

Les mois et les années se sont écoulées ainsi, triste routine, seulement rompue par la présence à mes côtés de Bénédicte.
L’une des meilleures choses qui me soient arrivées dans la vie.
La seule personne au monde, je pense, qui ait peut-être percé à jour mon secret mais qui n’en a jamais rien dit ouvertement.
Elle a probablement deviné dès le début les raisons de ma souffrance muette et de toute façon indicible. Elle a vraisemblablement compris que ce que tout le monde appelait « mes faiblesses » envers la gente féminine n’était en fait qu’un moyen de cacher « ma faiblesse » envers toi.
Car comment expliquer, sinon, sa douceur et sa patience à mon égard ? Quelle autre femme aurait pu supporter ainsi mes incessantes frasques ?
Sa présence à mes côtés m’a réellement beaucoup apporté, je crois que je l’aimais à ma façon, maladroitement et si cruellement.
Pas du même amour qui me liait à toi, non, jamais personne n’a réussi à éveiller en moi des sentiments aussi forts.
Mais énormément d’affection et de reconnaissance, voilà sur quoi, du moins de mon côté, était basée notre relation.
Sur beaucoup de souffrance aussi, malheureusement.
Mon propre tourment face à ton indifférence à mon égard.
Et le chagrin de Béné, du à mon comportement odieux.
Il est vrai que je me suis toujours comporté en véritable salaud envers elle. C’était un peu comme si toute la peine, tout le dépit que j’avais pu ressentir à cause de toi, était une force inconsciente qui me poussait involontairement à lui faire sans cesse du mal.
Car j’ai eu de nombreuses aventures durant notre liaison. Je n’arrive même plus à me souvenir de leur nombre exact, c’est tout dire.
Toutes ces conquêtes représentaient en réalité un moyen d’essayer de t’oublier. J’espérais que parmi toutes ces filles, une parviendrait peut-être un jour à déclencher en moi cette flamme que toi seul avait réussi à provoquer jusque là.
C’était en vain, bien sûr. Mon amour pour toi a toujours résisté, en dépit des désillusions.
Tous ces succès me servaient en outre à me prouver mon pouvoir de séduction, me prouver que j’existais vraiment en tant qu’homme, et ce, malgré ton désintéressement.
Faire croire que j’étais un coureur de jupons pour cacher mon amour et ma fidélité envers un seul homme, voilà l’étrange paradoxe de toute ma vie.
Courir après toutes ces filles n’était qu’un moyen de cacher mes véritables sentiments et d’essayer de révéler les tiens. En m’affichant ostensiblement au bras de ces femmes, j’espérais vaguement exciter ta jalousie.
Mais là encore, espoir vain. Tout ce que je parvenais régulièrement à récolter, c’était ta colère et ton indignation justifiées devant les souffrances que j’infligeais à Bénédicte.
Mais dans mon inconscience, je pensais que mieux valait encore ton courroux que ton indifférence.
Et dans toute cette histoire, la seule personne que j’ai vraiment faite souffrir à cause de mon égoïsme, c’est Béné. Elle m’a toujours accordé sa confiance et j’en ai lâchement abusé. Je l’ai trahie à maintes reprises, je l’ai trompée, dans tous les sens du terme.
Mais pour moi, la trahison la plus importante à mes yeux ne sont pas toutes ces conquêtes, mais mon amour pour toi. Toutes ces filles étaient sans conséquence. Et malgré toutes mes tromperies, Bénédicte m’a toujours pardonné, comme si elle avait senti justement que ce n’était pas sérieux, que toutes ces histoires n’en valaient pas la peine, qu’elles étaient factices. C’est comme si elle avait su que toutes ces filles n’avaient pas le pouvoir de me garder près d’elles, parce que ce n’était pas une femme que je cherchais.
Car toutes ces conquêtes n’étaient pas pour la trahir elle, c’était seulement pour tromper mes propres sentiments, me tromper, moi.
Et après chacun de mes égarements, après avoir compris que ce n’était pas encore cette fois-là que je pourrais te remplacer, je suis toujours revenu auprès de Béné, honteux de m’être aussi mal conduit. Et malgré sa souffrance, elle a toujours accepté mes pauvres excuses.
Aucun de nos amis n’a jamais vraiment compris pourquoi elle me pardonnait toujours ainsi, pourquoi elle m'admettait de nouveau auprès d’elle malgré tout ce que je lui avais fait endurer. Ils ont souvent qualifié ce comportement de faiblesse à mon égard, de manque de personnalité, de caractère. Pourquoi pardonner à un salaud dans mon genre ?
Elle m’aimait, certes, mais je pense que sa raison première était tout simplement la compassion. Oui, je crois que ma recherche effrénée et mon agitation toujours vaine d’un amour de substitution lui faisait pitié, et elle a cherché à m’apporter son aide à sa façon, en m’offrant un peu de réconfort et d’affection pour atténuer quelque peu ma douleur qu’elle percevait sans en connaître vraiment l’origine.
Bénédicte est quelqu’un de profondément sincère et généreuse, je ne pense pas qu’elle aurait accepté si longtemps de supporter les frasques d’un simple dragueur impénitent, ce serait faire injure à son intelligence.
Je crois aussi qu’inconsciemment, elle s’en voulait un peu de ne pas pouvoir m’apporter ce que je recherchais vainement, elle pensait probablement que c’était en partie de sa faute à elle si je ne pouvais m’empêcher d’aller voir ailleurs.
Pour tout cela, je lui en serais toujours profondément reconnaissant.

You have got a body to
To make a man just sell his soul
Right to the devil I think after all
I should have known

Sa présence réconfortante aurait pu me suffire, aurait dû me suffire.
Et pourtant, alors que j’étais prêt à me résigner définitivement, j’ai été saisi d’un espoir insensé lorsque Hélène a été obligée de repartir brusquement pour l’Australie.
Mon cœur s’est serré de la voir partir, elle qui représentait à mes yeux l’amie sincère, la confidente, LA Femme Idéale.
Et en même temps la rivale éternelle.
Enfin, tu te retrouvais libre …
Tu avais bien évidemment le cœur brisé par ce départ, et moi, ton meilleur ami, j’étais là pour te consoler, pour t’apporter un peu de réconfort.
Pour te secouer, aussi, faire en sorte que tu ne t’apitoies pas sur ton sort, que tu recommences à vivre, à accepter de le faire sans Hélène.
Et peut-être avec moi …
J’espérais égoïstement qu’elle ne reviendrait jamais pour que tu restes tout près de moi, rien qu’à moi, pour toujours.
Mon souhait s’est réalisé en partie, puisque Hélène n’est pas revenue.
Mais malheureusement, mon bonheur a été de courte durée. Tu as esquissé un rapprochement avec Linda.
Moi qui avais espéré te garder un peu à moi, au moins un certain temps, voilà que tu commençais à craquer pour cette femme. Linda était certes très jolie, très gentille, adorable même, mais elle représentait celle qui te ravissait encore une fois à moi.
Dans mes sombres raisonnements, elle ne te méritait pas.
Et j’ai assisté jour après jour, impuissant, à votre jeu de cache-cache, à vos hésitations.
Je trouvais tout cela profondément injuste. J’avais attendu ce moment pendant des années, et alors qu’il était enfin arrivé, elle te ravissait à moi et à tous mes espoirs. Et pire encore, le plus grand des sacrilèges à mon cœur tourmenté, elle ne profitait même pas de l’occasion inespérée qui lui était donnée.
Que n’aurais-je donné pour être à sa place …
Je n’aurais probablement pas fait preuve des mêmes scrupules … Même vis-à-vis d’Hélène …
Mais pourtant, quelle jubilation quand celle-ci est revenue !
Quitte à ce que tu ne sois pas à moi, je préférais encore que tu vives avec une femme que j’avais aimée. En choisissant de sortir avec une personne qui avait tant compté pour moi, j’avais un peu l’impression que tu m’aimais à travers elle.
Etrange impression, n’est-ce pas ?
C’était pourtant la seule consolation qui me restait.
Maigre victoire.
Ephémère victoire.
Car tout s’est à nouveau effondré autour de moi. Mon monde qui gravitait autour de toi, dont tu étais le soleil, s’est écroulé lorsque tu as décidé de suivre Hélène en Australie.
J’avais envisagé toutes les hypothèses, mais celle-là …
T’imaginer loin de moi m’était insupportable.
Toi qui m’étais tellement vital, comment allais-je pouvoir vivre sans toi, sans ta présence ?
Cela me paraissait totalement impossible.
Et pourtant, il a bien fallu que je me résigne.
Toi parti, je me suis senti irrémédiablement seul.
En réalité, je ne l’étais pas puisque Bénédicte était toujours là pour ressentir mon désarroi et consoler ma peine.
Sa seule récompense en a été une souffrance accrue. Je me suis montré encore plus odieux avec elle pour compenser ton absence insoutenable.
Mais elle a tout encaissé bravement, sans rien laisser paraître, et j’ai réalisé à quel point elle m’était précieuse, maintenant qu’il ne me restait plus qu’elle.
Je me suis donc raccroché à elle pour combler ma solitude.
Rôle ingrat et injuste pour une jeune femme aussi admirable.
J’avais honte de moi, et pourtant je n’y pouvais malheureusement rien.

Everybody knows
That I'm under the spell of your love
Got nothing but you on my mind
Everybody knows
And I wonder if you know it too
I skywrite your name way up high
In the sky in the sky in the sky

Les mois se sont écoulés dans cette semi-quiétude trompeuse.
Notre départ pour Love Island a été comme une renaissance pour moi.
En quittant Paris et tous les souvenirs qui y étaient rattachés, c’était comme si un nouveau départ s’amorçait dans ma vie.
Changer d’air et tout recommencer sur de nouvelles bases, j’avais l’intuition que c’était ce dont j’avais le plus besoin.
Je ne m’étais pas trompé, mais pas vraiment pour les raisons que j’avais envisagées.
Car à peine débarqués sur cette île merveilleuse au nom prometteur, je t’ai retrouvé.
Tu étais là depuis des mois, seul, à noyer ton chagrin de ta séparation d’avec Hélène.
Et cette joie égoïste qui m’a saisi de vous savoir séparés, cet espoir soudain d’un possible rapprochement entre nous malgré la présence éphémère de Linda.
Tout me semblait enfin possible dans ce cadre enchanteur …
Et pourtant, je suis aussitôt cruellement redescendu sur terre, je me suis vite rendu compte que ni le temps ni la distance n’avait eu le pouvoir de modifier le cours des choses.
Tu étais toujours toi-même.
Alors, j’ai recommencé ma quête de cet amour de substitution qui me semblait être la seule solution pour me sortir de l’impasse qui se refermait chaque jour un peu plus autour de moi.
Et j’ai cru l’avoir enfin trouvé, cet amour inespéré.
J’ai rencontré Jeanne, belle, mystérieuse, au passé si trouble. Son aura de mystère m’a fasciné.
Qui mieux qu’elle, qui paraissait cacher elle-aussi de profonds secrets, aurait pu mieux comprendre mon désarroi ?
Je me suis raccroché à cet espoir comme à une bouée de sauvetage, car je me sentais m’enfoncer de plus en plus dans mon désespoir, dans ma souffrance.
Toutefois, une fois encore, Jeanne n’était pas celle que j’avais tant cherché, ni même celle que j’imaginais.
Et malheureusement pour moi, mon espoir a été une fois de plus déçu.
Mais à ce moment, quelque chose s’est irrémédiablement brisé en moi.
En Bénédicte aussi, même si je ne m’en suis pas rendu compte aussitôt.
Je me suis senti soudain effroyablement las devant tant de mensonges et tant de souffrance. Et même Béné n’a pas réussi à me consoler de cette nouvelle désillusion.
Elle aussi je crois a vu son espoir de me retenir près d’elle se briser définitivement.
C’est sûrement à partir de ce moment-là qu’elle a compris que même si mon corps était près d’elle, mon âme et mon cœur ne lui appartiendraient jamais totalement.
Alors lasse elle-aussi de souffrir en vain, elle a préféré reprendre sa liberté, chose que j’ai très bien admise même si ma fierté en a pris un coup.
Je me suis senti brusquement abandonné par cet amour maternel qui m’avait tant apporté. Je me voyais complètement perdu, et j’ai eu beaucoup de mal à accepter cette rupture.
Je me suis alors rendu compte à quel point j’avais besoin d’elle. Pas seulement de son amour inconditionnel, mais aussi de son affection réconfortante, de sa compréhension secrète, de sa présence rassurante.
La solitude me faisait trop peur, même si je l’avais bien cherchée.
C’est pourquoi j’ai essayé de regagner son amour.
Par malheur pour moi, elle a fini par trouver la personne sincère et honnête qu’elle méritait tant de rencontrer. Même si j’ai du mal à le reconnaître et à l’accepter, Jimmy est quelqu’un de bien, qui semble vraiment amoureux d’elle.
Amoureux d’elle et pas seulement d’une image idéalisée.
Le rapprochement qui était en train de s’opérer entre eux au moment où je suis parti m’a brisé le cœur. J’avais l’impression de perdre la seule personne qui me comprenait vraiment et qui m’avait réellement accepté tel que j’étais et tel que je suis encore, avec toutes mes faiblesses et ma véritable faiblesse inavouable.
C’est l’une des raisons de mon départ de l’île, même si ce n’est pas la principale.
Car je pense que ce qui m’a fait le plus mal, ce qui m’a définitivement fait perdre tout espoir, cela a été de voir que toi aussi tu m’abandonnais sans vergogne, que tu me trahissais en quelque sorte, puisque tu étais en train de tomber follement amoureux de Jeanne. Après Hélène, tu étais en train encore une fois de me prendre l’autre femme qui aurait pu te remplacer dans mon cœur.
Comment leur en vouloir, et comment t’en vouloir à toi aussi, puisqu’elles représentaient tout ce qui m’avait séduit chez toi … Il était donc normal que tu aies été attiré par Hélène puis par Jeanne, tes alter-ego en quelque sorte.
J’ai été pris d’une terrible jalousie en te voyant et en t’imaginant avec Jeanne.
J’aurais aimé être à ta place pour déclencher cet amour fou chez cette femme merveilleuse, pour avoir une seule chance d’être aimé d’elle.
Et j’aurais tant souhaité être à sa place à elle, pour que tu poses enfin un regard amoureux sur moi après toutes ces années.
Etre mortellement jaloux des deux membres d’un couple, voilà qui n’est pas banal …
Je crois que c’est cette dualité terrifiante qui a eu raison de moi, qui m’a poussé à partir.
Oui, cette jalousie qui me déchirait le cœur, j’avais peur qu’elle ne finisse par me rendre fou et qu’elle ne fasse voler en éclat toutes mes résolutions si péniblement tenues jusque là, et que mes sentiments secrets ne finissent par éclater au grand jour.
J’ai craint de ne plus pouvoir faire face plus longtemps, et j’ai fini par fuir.
Oui, une fuite lâche, de la même lâcheté qui a caractérisé toute ma vie.
J’ai fui Love Island, tous mes amis, Bénédicte, Jeanne.
Et même toi.

To bring a man down on his knees
Just let me inside don't leave me begging please
Don't ever go

J’ai passé deux ans loin de vous tous, à multiplier les conquêtes, à m’enivrer de femmes pour tenter d’oublier ma seule et vraie raison de vivre.
Toi.
Et pourtant me revoilà.
Deux ans se sont écoulés et rien n’a changé. Ni mes sentiments pour toi, ni ma jalousie en te devinant enfin en couple avec Jeanne.
Pourquoi suis-je de retour à Love Island, dans ce cas ?
Je ne sais pas vraiment en réalité.
Non, je n’en ai vraiment aucune idée précise.
Je sais par expérience que le temps n’atténue pas les souffrances, il ne fait que les amplifier. Il n’a pas réussi à effacer mes sentiments, et ma solitude n’en est que plus grande.
Car j’ai compris maintenant que quoi que je fasse, mon amour pour toi est sans espoir.
Et malgré tout, où que j’aille, quelle que soit la distance que je pourrais mettre entre nous, je ne pourrais jamais t’oublier complètement.
Il m’a fallu perdre un nombre incalculable d’années de ma vie pour en arriver à cette conclusion pourtant si limpide avec un peu de réflexion objective.
Alors, si je reviens, ce n’est pas vraiment pour toi, mais pour Bénédicte.
Avec le recul, j’ai pris horriblement conscience de la lâcheté et de la cruauté de mon comportement envers elle.
Je sais pertinemment que mes excuses ne changeront rien à tout ce que je lui ai fait dans le passé, à toutes mes ignominies.
Mais je tiens à les lui présenter quand même.
J’ai l’impression qu’une fois le pardon de Bénédicte acquis, à ce moment-là seulement, je pourrais enfin faire table rase du passé et repartir sur de nouvelles bases.
Oui, je crois que mon salut ne passe que par son pardon.
Ce sera dur, cela prendra sûrement du temps, mais c’est le but que je me suis fixé, et je suis prêt à tout.
Une fois les comptes remis à zéro, je pourrais enfin commencer une nouvelle vie. Elle sera encore et toujours sans toi, bien sûr, je me suis enfin fait une raison.
Mais ma conscience sera enfin en partie apaisée.
En partie seulement, car pour l’alléger intégralement, il faudrait que je te fasse des aveux, à toi aussi.
Ce serait après tout tellement simple, et cela représenterait un tel soulagement pour moi.
Mais je risquerais surtout de gâcher ton bonheur avec la femme que tu as choisi.
Alors je préfère me taire vis-à-vis de toi.
Irrémédiablement.
Et pour toujours.

Everybody knows
That I'm under the spell of your love
Got nothing but you on my mind
That's the way it goes
It's no wonder you're tearing my heart
Simply in pieces tonight

Le pilote vient d’annoncer que nous allions bientôt atterrir à Love Island …
Il est temps que je termine cette lettre.
Dans quelques instants, le vrai José, celui qui vient de dévoiler aussi ouvertement son cœur et ses sentiments les plus profonds dans ces écrits si étonnants, va devoir à nouveau se cacher le plus profondément possible.
Dans quelques instants à peine, je vais devoir de nouveau jouer un jeu et montrer un visage qui n’est pas le mien.
Seule Bénédicte pourra en apercevoir une infime partie, celle que je serai obligé de dévoiler pour faire amende honorable, celle qu’elle a de toute façon probablement déjà devinée.
Mais même elle ne saura jamais explicitement mon véritable secret, ce secret que je vais enfin mentionner pour clore cette lettre avant de la déchirer aussitôt en mille morceaux par crainte que quelqu’un ne la lise.
J’ai trop peur de dévoiler au monde entier et à toi en particulier une image de moi qui me ressemble si peu mais qui est pourtant si véridique …

Everybody knows
That I'm under the spell of your love
Got nothing but you on my mind
Everybody knows
And I wonder if you know it too
I skywrite your name way up high
In the sky in the sky in the sky

Je t’aime, Nicolas … »

Skywriter …

 

FIN