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Titre : Saint Valentin
Auteur : Sayana
Base : NCIS: Los Angeles
Note : Réécriture de "F'Utilité" sous forme de lettre, dans le cadre d'un concours lancé par Hypnoséries.
Disclaimer : Les personnages de NCISLA ne sont pas à moi, ils appartiennent à Shane Brennan, Donald Bellisario, and Co.
Bonne lecture !

 

Saint Valentin

 

Mon cher Deeks,

Il y a une date qui a particulièrement marqué notre histoire, t'en souviens-tu ?
Te souviens-tu de cette Saint Valentin si spéciale ? La première que nous avons passée ensemble ?
Peut-être en as-tu oublié les détails, alors laisse-moi te les rappeler, ils sont gravés dans ma mémoire pour l'éternité …

En ce temps-là, la Saint Valentin n'était pour moi qu'une fête niaise, pathétique, commerciale et artificielle. Pourquoi en effet devait-on attendre un jour bien précis pour célébrer l'amour ? Pourquoi ce jour-là, tout le monde ne jurait plus que par les mots « cadeaux », « chocolats », « rose rouge », « dîner romantique » ou « dessous affriolants » !? C'était d'un ridicule, vraiment …
Je sais que ce discours véhément, tu l'avais entendu des dizaines de fois durant les semaines précédentes. En effet, j'avais tendance à m'emporter violemment dès que quelqu'un abordait ce sujet épineux dans notre entourage ou dans les médias. Moi qui me définissais comme une femme libre et moderne, je ne comprenais réellement pas comment l'on pouvait s'abaisser à vénérer de telles futilités.
Tu avais eu beau tenter quelques plaisanteries ou démonstrations plus sérieuses, rien n'avait réussi à convaincre une sceptique telle que moi, et je crois que tu avais préféré ne pas insister pour ne pas me braquer encore davantage.
En conséquence, quelques jours plus tard, tu avais profité d'une séance de planque dans la voiture pour m'avertir que tu avais quelque chose de prévu pour la soirée. Ta voix hésitante guettait ma réaction en m'annonçant que le lieutenant Bates t'avait appelé un peu plus tôt. Il avait de nouveaux renseignements à propos d'une enquête importante à laquelle tu avais participé plusieurs mois auparavant, et il voulait organiser une grande réunion d'information avec toutes les personnes concernées. Tu ne pouvais vraiment pas faire autrement que d'assister à cette séance, bien sûr, mais le problème d'après toi était qu'elle était prévue le soir même et …
Je me souviens que je t'avais interrompu aussitôt en haussant les épaules et j'avais répondu d'un air parfaitement détaché que ce n'était pas grave car je n'avais de toute façon pas l'intention de te préparer un dîner spécial amoureux …
Je crois que tu avais grimacé en confirmant que j'avais été absolument claire sur ce sujet, mais tu pensais aussi malgré tout que c'était notre première Saint Valentin ensemble et que peut-être je …
Encore une fois, je ne t'avais pas laissé terminer ta phrase et j'avais répliqué sèchement que tu pensais seulement mal.
Il me semble que j'avais ensuite mis définitivement fin à la conversation en braquant ostensiblement mes jumelles sur la rue, et nous avions tous deux repris notre surveillance de l'immeuble du suspect sans plus dire un mot.
Mais étonnamment, j'avais ressenti un pincement au coeur inattendu en apprenant la nouvelle.
Mon côté femme forte et indépendante me hurlait que j'étais au-dessus de toutes ces inepties sans intérêt.
Mais je devais pourtant m'avouer que malgré mes dires, mon côté romantique, bien que profondément enfoui et refoulé, avait secrètement espéré célébrer notre première fête des amoureux d'une façon inoubliable.
Je me sentais donc en même temps incroyablement déçue de cet imprévu et profondément en colère contre moi-même de me découvrir si faible et si fleur-bleue malgré moi.
Ce conflit interne était probablement le motif principal de ma réaction exagérée, avais-je donc pensé amèrement.
Notre journée s'était poursuivie ensuite sans aborder de nouveau le sujet, et j'avais fait tout mon possible pour ne pas laisser transparaître ma contrariété devant toi, mon coéquipier qui me connaissait si bien.
De retour à l'OPS après notre surveillance, nous avions rejoint le reste de l'équipe pour un rapide débriefing, puis nous nous étions installés tous les quatre à nos bureaux pour accomplir nos tâches administratives tout en discutant de tout et de rien.
Et pour bien enfoncer le clou et réaffirmer mon détachement, je m'étais même permis de me moquer ouvertement de Sam qui prévoyait d'emmener sa femme dîner en tête à tête dans un grand restaurant.
De ton côté, tu t'étais montré pour une fois particulièrement efficace dans l'élaboration de tes rapports de mission, et tu avais pu quitter ton poste plus tôt avec l'autorisation d'Hetty, narguant joyeusement tes collègues qui n'avaient pas terminé, et nous souhaitant une bonne soirée.
A la fin de ma journée de travail, je n'étais pas rentrée directement chez moi, mais je m'étais arrêtée en chemin pour acheter quelques bières et un bac de crème glacée aux noix de pécan que je comptais engloutir devant le DVD de mon film culte, « Titanic ». Les ingrédients parfaits selon moi pour passer malgré tout une agréable soirée de célibataire.
Les bras chargés de mes courses, j'avais ainsi ouvert la porte de mon appartement et j'étais restée instantanément figée sur le seuil.
Le salon était plongé dans une pénombre atténuée seulement par les scintillements de dizaines de bougies disséminées un peu partout dans la pièce.
Les yeux mi-clos, une flûte de champagne à la main, tu étais délicieusement alangui sur le canapé, avec pour seul vêtement un ruban de satin rouge noué autour du cou. Les flammes des chandelles projetaient un peu partout des lueurs vacillantes qui dansaient suggestivement sur ton anatomie parfaite.
Bouche-bée, comme hypnotisée, je ne pouvais détacher mes yeux du spectacle tellement érotique qui s'offrait à moi, mon corps envahi successivement de frissons délicieux et d'une chaleur intense.
Mais consciente du ridicule de la situation, je m'étais obligée à respirer profondément et à détourner enfin le regard de la scène. J'avais refermé la porte derrière moi, puis j'avais fait quelques pas dans la pièce pour déposer mes achats sur une chaise et je m'étais tournée de nouveau vers le canapé.
Tu m'avais alors lancé un sourire terriblement sexy et aguichant, et tu avais bu sensuellement une gorgée de champagne en observant du coin de l’œil ma réaction troublée. Tu avais pris ensuite la bouteille dans le seau empli de glace posé sur la table basse et versé un peu du breuvage mousseux dans un second verre. Tu t'étais levé et tu t'étais approché de moi qui t'admirais toujours, fascinée presque contre mon gré.
Je m'étais pourtant forcée à reprendre enfin le contrôle de moi-même, et d'un ton que je voulais le plus accusateur possible, je t'avais interrogé sur ta réunion avec les forces de police …
Tu avais éclaté malicieusement de rire avant de m'avouer que c'était juste un prétexte pour préserver l'effet de surprise, et qu'honnêtement, tu ne pensais pas que ta ruse allait fonctionner aussi bien.
Il me semble que j'avais croisé les bras en faisant la moue, particulièrement irritée. Tu savais pertinemment que je détestais que l'on se moque de moi, surtout de cette façon, et surtout parce que je t'avais bien expliqué pourquoi je ne voyais pas l'intérêt de fêter la Saint Valentin.
Sans te laisser intimider par mon air offensé, tu t'étais approché un peu plus de moi, un sourire provocateur sur les lèvres, me défiant de prétendre que ta surprise ne me plaisait pas !
Je crois que j'avais froncé les sourcils, prête à riposter férocement, mais ma repartie s'était évanouie aussitôt devant ta démarche incroyablement voluptueuse.
Et définitivement incapable de résister à ton charme envoûtant, j'avais souri à mon tour en toisant ta nudité presque intégrale.
J'avais pris alors la coupe de champagne que tu me tendais et bu une gorgée qui m'avait procuré une exquise sensation de fraîcheur et semblé me libérer de toutes mes hésitations.
D'un geste coquin, je m'étais mise ainsi à caresser résolument le torse qui s'offrait à moi, laissant glisser mes doigts sur ta peau délicieusement douce et chaude, et avouant que pour être tout à fait honnête, cela me plaisait même beaucoup.
De ta main libre, tu avais enserré ma taille et attirée tout contre toi. Je pouvais sentir le parfum grisant de ton corps et je m'étais abandonnée dans tes bras, totalement vaincue.
J'avais je crois concédé que j'allais vraiment finir par apprécier la Saint Valentin, en riant sous les baisers avides que tu déposais dans mon cou.
Nous avions alors lentement glissé au sol, prélude d'une nuit qui s'annonçait torride …

Tu te demandes sûrement pourquoi je te raconte ainsi tout cela dans cette lettre ?
J'ai seulement besoin que tu comprennes à quel point cette Saint Valentin a été particulière pour moi, une sorte de tournant dans ma vie, un compromis entre mes convictions de femme forte et libre et mes envies de femme amoureuse qui s'abandonne totalement.
J'ai toujours eu le sentiment qu'une nouvelle Kensi est née ce jour-là, et ce 14 février est ainsi devenu dans mon esprit une date particulièrement symbolique.
C'est pourquoi je l'ai choisie aujourd'hui pour t'annoncer un événement qui va bouleverser nos vies comme cette fête a chamboulé la mienne …

Marty Deeks, dans quelques mois, tu vas être papa !

Nous serons ensemble au moment où tu liras ces quelques mots …
J'imagine déjà ta réaction … Tes mains tremblantes … Ton sourire incrédule … Tes yeux humides …
J'ai hâte que tu me prennes dans tes bras et que nous partagions la joie infinie de ce merveilleux cadeau …
Bonne Saint Valentin mon amour !

Ta Kensi qui t'aime ...

 

FIN