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Titre : Noël Interdit
Auteur : Sayana
Base : Gundam Wing
Genre : C’est Noël !!!
Avertissement : Voilà ce qui arrive quand on fait le sapin en écoutant "Noël Ensemble" ^^ . J’ai tilté sur quelques paroles de "Noël Interdit" qui m’ont fait penser irrésistiblement à Duo. D’où l’idée de cette petite fic. J’espère qu’elle vous plaira !
Disclaimer : Même si c’est Noël et la période où tous les rêves sont permis, les G-Boys ne sont pas à moi. La chanson "Noël Interdit" est tirée de l’album "Noël Ensemble" et chantée par Laam.
Bonne lecture !

 

Noël Interdit  

 

C'est un Noël pour les enfants perdus
Pour tous ceux qui n'y ont jamais cru
C'est un Noël pour les chiens sans collier
Pour ce gosse de la rue que j'étais

 
- Dis, Solo, c’est quoi Noël ?
L’interpellé regarda avec surprise le petit garçon aux grands yeux mauves qui venait de poser cette question avec toute l’innocence de son jeune âge. L’aîné sourit et tenta d’expliquer la signification de cette fête au garçonnet qui buvait avidement toutes ses paroles.
- Chez les Catholiques, Noël marque la naissance de Jésus et l’avènement d’une ère nouvelle. La venue au monde de ce bébé est signe d’espoir et de paix pour les Hommes. Pendant la période de Noël, les gens mettent brièvement de côté leurs problèmes et leurs querelles. La faim, la peur, et même la guerre sont oubliées pendant quelques heures. C’est une époque où tous les rêves sont permis, même les plus utopiques. C’est un moment magique, un moment d’éternité.
Quand il eut terminé, le petit prit quelques secondes pour enregistrer toutes les informations qu’il venait de recevoir et son visage finit par s’illuminer d’un immense sourire.
- Dans ce cas, j’aimerai que ce soit Noël tous les jours.
Le petit garçon avait énoncé cette phrase avec un tel enthousiasme et une telle foi que Solo sentit son coeur se réchauffer. Cela faisait de nombreuses années que lui-même ne croyait plus à la magie de Noël. Il avait traversé trop d’épreuves, vu trop d’horreurs pour croire encore aux miracles. Mais la joie et l’émerveillement qu’il lisait à présent dans les yeux candides de l’enfant lui donnèrent brusquement envie de croire encore un peu à l’enchantement.
 
Noël de ma vie mon Noël interdit
J'aurais tant aimé croire à l'histoire
Mais mon coeur d'enfant était déjà trop grand
Et mes rêves emportés par le vent

 
- C’est ridicule ! Noël est une fête pour les enfants ! Tu ne crois pas que tu as passé l’âge de ces gamineries ?
WuFei quitta le salon en haussant les épaules, maugréant contre les idées infantiles de cet idiot d’Américain.
Duo fut légèrement ébranlé par la réaction du Chinois, même s’il s’attendait à ce genre de réponse de sa part.
- Heero ?
Ce dernier n’avait pas levé les yeux une seule seconde de son ordinateur, ne paraissant même pas avoir entendu la proposition de Duo. Cependant, à l’appel de son prénom, il répondit froidement sans même détourner son attention de l’écran :
- J’ai une mission à préparer donc je n’ai pas de temps à perdre avec ces futilités.
Une nouvelle fois, Duo encaissa le coup sans laisser paraître sa déception. En vérité, il espérait très peu de soutien de ce côté-là aussi.
- Trowa ?
L’intéressé, plongé dans une partie d’échecs avec Quatre, leva lentement un oeil mais son regard froid et inexpressif trahissait toute son indifférence.
Le visage de Duo se ferma encore un peu plus. Il ne lui restait plus qu’un mince espoir.
- Quatre ?
Celui-ci s’était interrompu en entendant la requête de son ami et le regardait tristement.
- Duo, je suis Musulman donc Noël ne représente rien pour moi. Je suis vraiment désolé.
Quatre secoua la tête, visiblement navré. Le châtain crut alors que son coeur allait se briser devant ce nouveau rejet. Même celui qu’il considérait comme son meilleur ami l’abandonnait en ce moment si important pour lui. Duo sentit des larmes de dépit poindre au coin de ses yeux mais il les retint. Il ne voulait surtout pas montrer à ses partenaires à quel point leurs refus l’attristaient. C’est pourquoi il reprit la parole d’une voix volontairement atone :
- Depuis que je suis tout petit, Noël revêt une grande importance pour moi. Cette fête a toujours représenté à mes yeux l’espoir et la paix. Mais jusqu’à présent, j’ai toujours été tout seul à cette époque, à cause de la famine, de la maladie ou tout simplement de la guerre. Mais cette année, cette année enfin, j’ai cru que je pourrais ... Pour la première fois de ma vie, j’ai des amis avec qui j’ai envie de partager un peu de joie et d’espérance en cette période de fête ... Je voulais ... Je voulais juste ... vivre ce moment ... avec vous ...
Duo ne put continuer, secoué par des sanglots incontrôlables. Quatre se leva vivement pour tenter de le consoler mais l’Américain le repoussa d’un geste et s’enfuit en courant.
 
C'est un Noël pour mes premiers copains
Oubliés au hasard des mauvais chemins
Une chanson pour ceux dont l'horizon
Est le mur sombre et gris des prisons

 
Duo souffla sur ses doigts pour les réchauffer un peu. Cela faisait des heures qu’il marchait au hasard et la nuit était tombée sans qu’il ne s’en rende compte, amenant avec elle la froideur d’une soirée d’hiver.
Mais il s’en fichait. Son âme était encore plus glacée que la nuit qui l’enveloppait. Il avait mal, tout simplement, et son coeur se serra une fois de plus à l’évocation des évènements de l’après-midi.
Il n’arrivait pas à comprendre le refus de ses compagnons. Bien sûr, ils étaient des terroristes, vivant au milieu de combats perpétuels. Ils ne méritaient pas tout le symbole de pureté rattaché à cette fête de Noël. Mais ils avaient bien le droit eux aussi à un peu de bonheur et de paix, comme tous les enfants de leur âge. Car oui, malgré tout, malgré la guerre et tout le sang versé, ils étaient encore des enfants. Et il aurait donné n’importe quoi pour vivre comme tel, ne serait-ce que l’espace de quelques heures.
Il errait sans but dans les rues maintenant tout illuminées. Dans quelques heures ce serait Noël et il le passerait seul. Une fois de plus.
Il croisa un groupe de jeunes de son âge, rieurs et insouciants, qui s’arrêta devant une vitrine animée et s’émerveilla des petites peluches multicolores formant un tableau attendrissant. Dans les yeux de ces adolescents encore si proches de l’enfance, on pouvait déceler tout l’émerveillement provoqué par la magie de Noël.
Duo aurait donné tout ce qu’il avait à ce moment-là pour faire partie de ce groupe, profiter un peu de cette chaleur humaine, de cette complicité.
Mais il était inexorablement seul.
Au bout d’un petit temps, la bande finit par se séparer, pressée de rentrer se mettre au chaud et Duo les regarda s’éloigner à regret, une pointe d’envie et de jalousie lui taraudant le coeur.
Il reprit sa marche au moment même où quelques flocons commençaient à tourbillonner légèrement. La blancheur et la pureté de la neige contrastaient étrangement avec l’obscurité qui habitait son coeur. Duo leva la tête vers le ciel et ferma les yeux, goûtant la douce caresse des flocons sur sa peau. Il ne put cependant empêcher une larme de glisser le long de sa joue et se confondre avec les légères gouttelettes de neige fondue qui mouillaient son visage.
 
Noël de ma vie mon Noël interdit
J'aurais tant aimé croire à l'histoire
Mais mon coeur d'enfant était déjà trop grand
Et mes rêves emportés par le vent

 
Il faisait de plus en plus froid dans l’avenue et les rares passants se hâtaient maintenant de rentrer chez eux.
- Chez eux ... soupira mélancoliquement Duo en songeant à leur planque actuelle.
C’était un petit appartement plutôt minable, situé dans une ruelle discrète. Mais le châtain s’y sentait enfin chez lui, tout simplement du fait de la présence de ses amis en ce lieu.
Avoir un endroit chez soi, passer les fêtes en famille ou retrouver ses amis, dans la joie et la gaieté. Voilà bien un sentiment qu’il n’avait jamais connu. Il n’avait fait que l’effleurer lors de son trop bref passage à l’Eglise Maxwell. Mais la guerre l’en avait privé aussitôt sans qu’il n’ai eu vraiment l’occasion d’en profiter. Et ce bonheur, ce bien-être à peine entrevus lui faisaient ressentir encore plus cruellement sa solitude actuelle.
Le moral encore plus bas après avoir ressassé tous ces tristes souvenirs, Duo résolut cependant de rentrer à la planque. Les vitrines, les décorations lui donnaient maintenant la nausée. Il serait encore mieux seul dans sa chambre plutôt qu’au centre de ces réjouissances qui n’étaient définitivement pas pour lui.
Il reprit donc le chemin de l’appartement, les épaules basses et le coeur en berne.
Au moment exact où il posa la main sur la poignée de la porte, une église toute proche sonna le premier des douze coups de minuit.
- Ca y est, c’est Noël. Joyeux Noël, Duo ! murmura tristement ce dernier en ouvrant lentement la porte.
La pièce était plongée dans l’obscurité la plus complète mais au moment où il avança d’un pas, une myriade de petites lumières étincela au centre du salon. Duo sursauta et écarquilla les yeux comme un enfant. Un sapin immense semblait emplir toute la pièce, resplendissant de mille feux, chaque petite ampoule illuminant la multitude de boules et de guirlandes scintillantes. La bouche ouverte, incapable de dire quoi que ce soit, Duo sentit une larme s’échapper de ses yeux et glisser sur sa joue, mais il ne fit rien pour la retenir. Il lui semblait que cette simple larme le libérait de toute sa tristesse.
Le dernier coup de minuit retentit interminablement, laissant place ensuite à un silence étrangement réconfortant.
Après un long moment où il n’osait bouger de peur de briser l’enchantement, Duo remarqua enfin dans la semi-pénombre la présence de ses compagnons. Quatre se tenait debout près de l’arbre, la lueur des ampoules se reflétant dans ses beaux cheveux blonds. Un peu plus loin, Trowa et WuFei occupaient le canapé qui avait été poussé dans un coin de la pièce pour laisser un peu plus de place au sapin. Duo chercha ensuite Heero du regard et finit par deviner sa silhouette à côté du mur, là où se trouvait la prise. C’était lui, sûrement, qui venait de brancher la rallonge en l’entendant entrer, provoquant ce déferlement d’illuminations.
Duo tendit la main vers l’interrupteur et la lumière illumina brusquement la pièce. La stupeur de l’Américain grandit encore lorsqu’il constata que ses amis portaient tous sur la tête ... un bonnet de Père Noël. Il faillit éclater de rire devant l’air mortifié de WuFei et la gêne qu’il devinait chez Heero et Trowa. Mais son fou-rire se transforma aussitôt en sanglots d’émotion.
Quatre s’avança alors timidement, un bonnet dans la main. Il le posa délicatement sur les cheveux de Duo et le grelot qui en ornait l’extrémité tintinnabula gaiement. Puis il murmura doucement :
- Joyeux Noël, Duo !
Le blond se recula ensuite lentement, attendant avec un peu d’appréhension la réaction de son ami.
Duo eut l’impression que son coeur allait exploser devant le flot d’émotions qui le submergeait. Il se jeta dans les bras de Quatre en pleurant et celui-ci le serra très fort, répétant inlassablement :
- Joyeux Noël, Duo, Joyeux Noël !
Quand il se fut un peu calmé, Duo quitta les bras de Quatre à regret et considéra les autres. Tous trois observaient la scène d’un air qui paraissait indifférent mais Duo sourit intérieurement en constatant qu’ils avaient le regard humide.
 
Noël de la nuit mon Noël interdit
Je voudrais l'oublier avec [ vous ]
Auprès de ce feu qui brille dans [ vos ] yeux
Je veux être un enfant heureux

 
Pour la première fois depuis très longtemps, Duo se sentait bien. Après le froid de la nuit qui avait envahi son coeur, il ressentait à présent les effets conjugués du feu qui brûlait dans la cheminée et de la chaleur humaine émanant de ses amis.
WuFei fut le premier à briser le silence qui s’était installé. Il se leva du canapé dans lequel il était toujours assis et ôta son bonnet en grommelant :
- Alors, on la mange, cette bûche ?
- Bûche ?
Quatre sourit devant l’expression étonnée de l’Américain et la rougeur qui colora brusquement les joues de l’Asiatique.
- Oui, WuFei a passé l’après-midi aux fourneaux pour nous préparer une bûche au chocolat comme tu les aimes tant.
- WuFei ? Fourneaux ? Bûche au chocolat ? répéta un Duo incrédule.
Il fit le tour de la pièce du regard, interrogeant chacun.
- Mais pourquoi ? finit-il par demander après un temps.
Tous savaient que la question ne portait pas seulement sur les performances culinaires du Chinois. Ils se consultèrent silencieusement et devant leur accord muet, ce fut Heero qui déclara gravement :
- Nous avons bien réfléchi après ton départ et nous en sommes arrivés à une conclusion. Ce n’est pas parce qu’aucun de nous ne croit à Noël que nous avons le droit de t’enlever tes croyances. En ces temps de guerre, je pense qu’il est important de s’appuyer sur des rêves, des espérances. Toi, tu as la chance d’avoir un espoir auquel te raccrocher. Ne perds jamais cette foi ! Et laisse nous la partager avec toi. Pour nous qui vivons au milieu des combats, Noël représente avant tout un espoir de paix. Même et surtout si cette trêve ne dure que quelques heures, nous pouvons quand même essayer de retrouver une âme pure d’enfant. Demain, tout reprendra comme avant, mais nous aurons dans le coeur cet espoir d’une ère nouvelle, où tout pourra recommencer. Alors, finalement, peu importent sa religion et ses croyances, le principal, c’est de croire à la magie de Noël.
Heero avait souligné son discours d’un petit sourire qui reflétait la sincérité de ses dernières paroles. Duo en fut extrêmement touché. Les autres n’avaient pas dit un mot mais l’éclat dans leurs yeux valait mieux que tous les discours du monde.
Pour détendre un peu l’atmosphère qui menaçait de dégénérer en sentimentalisme, Duo reporta son attention sur le sapin et fit une moue perplexe.
- Mais d’où sortez-vous cet arbre ?
Le sourire de Quatre s’agrandit encore plus.
- Après avoir longuement discuté, nous nous sommes demandé comment nous faire pardonner. WuFei a foncé à la cuisine préparer une bûche de sa spécialité. Heero a eu l’idée de décorer un sapin et il est parti acheter l’arbre le plus grand et le plus beau qu’il a pu trouver. Trowa s’est chargé des décorations. Et moi j’ai fouillé toutes les boutiques pour dénicher les bonnets. Ensuite nous avons décoré le sapin tous les quatre. Tous ensembles. Comme tu l’avais souhaité. Mais il manque une petite chose. Et nous voulions que ce soit toi qui l’installe.
Trowa prit un objet sur la table et le tendit à Duo en déclarant maladroitement :
- J’ai pensé qu’elle te plairait sûrement ...
Duo vit alors une magnifique étoile dorée. Son visage s’illumina comme celui d’un enfant et il se précipita vers le sapin. Il prit un tabouret pour fixer l’étoile au sommet, opération rendue extrêmement délicate par la taille du résineux. Il sauta ensuite à terre d’un bond joyeux, se recula et admira l’arbre une nouvelle fois. Les lumières de la guirlande lumineuse se reflétaient sur l’étoile qui scintillait de mille feux, symbole d’unité et de renouveau.
Satisfait du résultat, Duo se retourna vers ses amis qui s’étaient tous réunis autour de l’arbre et leur cria joyeusement :
- Joyeux Noël !
 
C'est mon Noël le premier de ma vie
Où le rêve ne m'est plus interdit

 

FIN