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Titre : Make It Real
Auteur : Sayana
Base : Les Vacances de l'Amour
Genre : Pour public averti !
Situation : Nicolas vient de trouver une lettre qu'il n'aurait jamais dû lire, dans laquelle José lui avoue son amour. Ce dernier est parti, furieux de cette trahison.
Note : Projet abandonné, qui n'aura jamais de suite.
Commentaire : Il y a bien longtemps, j'avais projeté d'écrire la suite de "Deep and Dark". Les grandes lignes du brouillon attendent toujours dans mon carnet, mais je viens de retrouver deux chapitres que j'avais déjà tapés et qui me plaisent bien dans leur genre ^^;. Donc autant vous en faire profiter. Mais attention, c'est chaud ^^ !
Disclaimer : Les personnages appartiennent à JLA and Co.
Bonne lecture !

 

Make It Real

 

Chapitre : José / homme

 

Sans qu'il s'en rende compte, ses pas l'avaient conduit jusqu'à un quartier assez sombre de la ville, un peu à l'écart des rues principales. Les yeux perdus dans le vide, José s'aperçut soudain qu'il ne pouvait plus avancer et qu'il se trouvait dans une impasse. Il s'apprêta à faire demi-tour quand ses yeux se portèrent sur la façade devant lui, sur laquelle brillait faiblement une enseigne lumineuse à moitié grillée, "The Gay Lover". Surpris, il se rendit compte que ses pas l'avaient mené fortuitement devant la seule boîte gay de l'île. Il fronça les sourcils. Ce ne pouvait pas être un hasard s'il avait atterri ici. C'était comme si une force invisible avait guidé ses pas jusqu'à cet endroit si particulier. C'était peut-être un signe.
Plongé dans ses réflexions, il fut interrompu par un couple sortant de la boîte précipitamment. Les deux hommes se dirigèrent rapidement vers une voiture stationnée non loin de là, mais avant d'y monter, ils prirent le temps de s'embrasser fougueusement en échangeant quelques caresses prometteuses. Ils grimpèrent ensuite vivement dans le véhicule qui démarra en trombe, les emportant probablement vers une fin de nuit agitée.
Troublé par cette pensée passablement excitante, José éprouva des sentiments qu'il n'avait encore jamais ressentis. Il avait jusqu'à présent considéré son amour pour Nicolas de façon tout à fait platonique. Il avait déjà mis tant de temps pour s'avouer simplement ses sentiments qu'il en avait presque oublié que l'amour entre deux êtres passait aussi par une relation physique. Bien sûr, il n'était pas naïf, il avait déjà imaginé des baisers fougueux avec Nicolas, mais cela s'arrêtait là, comme si sa conscience ne lui donnait pas le droit et l'empêchait d'aller plus loin dans ses pensées.
Mais brusquement, il éprouvait un intense désir physique, ainsi que l'envie irrépressible de l'assouvir, ce qui l'incita à pénétrer dans la boîte sans aucune hésitation. Il poussa la lourde porte et se retrouva dans une pièce pas très grande. Sur sa gauche, un bar, où quelques hommes solitaires prenaient un verre en observant la piste de danse au fond de la salle, sur laquelle plusieurs couples se déhanchaient au rythme d'une musique suggestive. A droite, quelques tables et banquettes, occupées par des couples qui tentaient d'échanger quelques mots malgré la musique assourdissante, collés l'un à l'autre et échangeant par moments des baisers langoureux.
José alla s'installer au comptoir, déclenchant au passage les regards intéressés de quelques célibataires en quête d'un compagnon pour le reste de la nuit.
Il était à peine assis qu'un homme s'approcha de lui. La trentaine, blond foncé et plutôt pas mal, nota José intérieurement.
- Tu prends une bière avec moi ? lui demanda l'inconnu d'une voix qui n'admettait pas de refus malgré la question.
- Pourquoi pas, répondit José, entrant dans son jeu.
C'était la première fois qu'il se faisait draguer de la sorte, et il trouvait cela terriblement excitant.
Une fois servis, José descendit son verre d'un seul coup, conscient du regard explicite que l'inconnu portait sur lui tout en avalant lentement sa propre boisson.
- C'est la première fois que je te vois ici, lâcha l'homme en posant une main pressante sur le genoux de José.
- C'est la première fois que je viens, répondit laconiquement l'interpellé en faisant signe au serveur de lui redonner la même chose, qu'il but tout aussi vite.
- Besoin de te changer les idées ? reprit l'homme en accentuant sa caresse.
- Besoin d'un amant, répondit celui-ci du tac au tac en regardant le dragueur droit dans les yeux, d'un air parfaitement explicite.
L'homme esquissa un sourire entendu.
- Toi au moins, tu sais ce que tu veux.
- C'est bien pour ça que tu m'as abordé, non ? Alors, pourquoi perdre du temps ...
Légèrement grisé, il s'étonna de cette hardiesse qu'il n'avait jamais soupçonnée en lui. Il avait parfaitement conscience qu'il passait pour un homme facile, mais il s'en fichait, trop désireux de se changer les idées.
- Tu as raison, sourit à nouveau l'homme en remontant sa main vers la cuisse de son interlocuteur.
- Donc on y va, conclut José en se levant.
L'homme paya la note et suivit son compagnon, l'air satisfait.

 

Chapitre : Nicolas / Audrey

 

Nicolas appuya deux ou trois fois sur la sonnette et après un bref instant d'attente, Audrey ouvrit la porte d'entrée. La jeune femme parut agréablement surprise en voyant celui qui se tenait dans l’entrebâillement de la porte et la déshabillait littéralement du regard. Il faut dire qu'elle ne portait en tout et pour tout qu'une petite nuisette en satin qui ne cachait pas grand-chose de ses formes généreuses.
- Je peux savoir ce qui t'amène ici ? questionna t-elle en sachant pertinemment quelle serait la réponse.
- J'avais envie de te voir, répondit le blond d'un ton qui ne pouvait tromper personne.
- Dans ce cas, tu peux entrer, l'invita Audrey en s'effaçant avec un sourire suggestif.
Nicolas pénétra dans la pièce à peine éclairée par une petite lampe d'ambiance, et se tint quelques secondes sans bouger, attendant que la maîtresse des lieux referme la porte derrière lui et le rejoigne. Et sans plus attendre, il l’attrapa par la taille, l'attirant à lui pour l'embrasser presque sauvagement. Audrey lui rendit son baiser avec fougue et soudés ainsi l'un à l'autre, ils se dirigèrent sans trop s'en rendre compte vers le canapé sur lequel ils se laissèrent tomber instinctivement. Nicolas allongea Audrey et se tint un instant juste au dessus d'elle, observant tout son corps magnifique tendu par le désir, prolongeant l'attente d'une façon presque insoutenable. Puis lentement, il posa une main sur son genou et remonta délicatement le long de sa cuisse jusque sur sa hanche, son geste faisant bouger sa nuisette et dévoilant un string assorti. Nicolas poursuivit lentement sa caresse, laissant glisser le bout de ses doigts sur le ventre de la jeune femme, provoquant en elle une multitude de petits frissons de plaisir. Puis il remonta encore un peu sa main, effleurant légèrement un sein, puis l'autre. Il accentua petit à petit sa caresse, finissant par prendre entièrement dans sa main son sein gauche, serrant et desserrant son étreinte, faisant jouer alternativement ses doigts et sa paume sur le mamelon offert. Mais il délaissa très vite ce sein pour se concentrer sur le deuxième, dévorant le corps de sa compagne de baisers enflammés. Mais aussitôt gêné dans sa quête avide par la nuisette, il la lui ôta prestement et fit de même avec son propre T-shirt. Puis il reprit sa dégustation, faisant courir sa bouche sur les deux seins frémissants, ses mains poursuivant leurs caresses jusqu'au bas ventre de sa partenaire.
Celle-ci, qui était restée jusqu'à présent relativement passive pour profiter pleinement des caresses offertes, se mit à parcourir tout le dos du jeune homme du bout des doigts, accentuant petit à petit son geste jusqu'à laisser sur sa peau de légères griffures rouges causées par ses longs ongles.
Échauffé par ces gestes rendant sa peau brûlante, Nicolas commença à faire glisser lentement le string satiné, dévoilant parcelle par parcelle l'intimité tant convoitée.
Mais en constatant l'état d'excitation avancé du jeune homme, Audrey, désireuse de jouer encore un peu avec lui et surtout de lui rappeler qu'elle restait maîtresse du jeu, saisit ses deux poignets pour stopper son geste et se redressa légèrement pour contempler sa surprise. Ravie de son effet, elle sourit d'un air coquin et aguicheur, lui soufflant suggestivement à l'oreille :
- Tu es vraiment sûr d'avoir le droit de faire ça maintenant ?
A ces quelques mots, Nicolas ressentit comme un électrochoc qui le paralysa complètement.
"T’avais pas le droit !"
En un instant, toutes les paroles de José qu'il avait tenté en vain d'effacer en venant ici lui revinrent d'un coup en mémoire.
"PUTAIN, NICO, T'AVAIS PAS LE DROIT !"
Nicolas regarda la jeune femme offerte devant lui, quasiment nue, et il eut un haut le coeur en songeant à ce qu'il s'apprêtait à faire. Quelle folie avait bien pu l'amener ici ? Comment céder une fois de plus à la tentation avec cette diablesse consentante pouvait-il apaiser sa conscience ? Il pensa à Jeanne et à Hélène, à cette trahison envers elles. Et surtout, il pensa à José. Il eut honte de son comportement. Honte à en vomir.
Ne comprenant pas pourquoi son compagnon restait là à la fixer sans plus paraître la voir, Audrey se redressa un peu plus et posa une main sur son torse :
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? J'ai dit ça juste pour jouer un peu, je ne le pensais pas ...
- Lâche-moi, siffla Nicolas entre ses dents.
- Attends, qu'est-ce qu'il te prend ?
- Je t'ai dit de me lâcher ! reprit-il en se libérant violemment de son étreinte.
- T'es malade ! Où tu vas ? s'insurgea Audrey en le voyant se relever et enfiler son T-shirt prestement.
- Je n'aurais pas dû venir ici, c'était une erreur de ma part ... s'excusa t-il en se dirigeant vers la porte d'entrée.
- Attends, tu ne peux pas partir comme ça ! essaya t-elle de le freiner en se lançant à sa poursuite.
- Je suis désolé, s'excusa une dernière fois Nicolas en ouvrant la porte.
Il jeta un dernier coup d'oeil à cette femme magnifique quasiment nue et qui n'attendait qu'un geste de sa part. Mais elle, ou plutôt ce qu'il s'apprêtait à faire avec elle, le dégoûtait à présent au plus haut point, et il claqua la porte derrière lui, la laissant dans la frustration la plus totale.

 

FIN