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Titre : La jalousie est un vilain défaut
Auteur : Sayana
Base : Le Miracle de l'Amour
Résumé : Laly était au désespoir. Comment celle qu'elle prenait pour l'une de ses meilleures amies avait-elle pu lui voler ainsi l'amour de sa vie ?
Note : Participation au concours de Lulus, dont le thème était justement « La jalousie est un vilain défaut ». Il fallait de plus insérer obligatoirement les mots suivants : « tapette », « vache », « steak », « spectaculaire », « Père-Noël ».
Disclaimer : Les personnages de LMDA appartiennent à JLA and Co.
Bonne lecture !

 

La jalousie est un vilain défaut

 

La grande maison était étonnamment silencieuse en ce début d'après-midi. Tous ses habitants vaquaient probablement à leurs occupations à l'extérieur, et seule Laly se trouvait dans sa chambre.
Assise sur son lit, les genoux ramenés sous son menton, elle pleurait sans bruit, des larmes amères coulant sans discontinuer sur ses joues.
Cela faisait de longues minutes, peut-être même des heures, qu'elle se tenait ainsi, sans bouger, comme tétanisée, à réfléchir tristement à ce qu'elle avait vu le matin-même.
L'indicible, l'inimaginable, l'inenvisageable s'était produit et elle n'arrivait toujours pas à y croire.
Et pourtant …
Un peu plus tôt dans la journée, Laly sortait précautionneusement de la cuisine avec son plateau repas qu'elle comptait prendre tranquillement sur le canapé. Mais là, dans le salon, elle avait eu un énorme choc : elle les avait surpris, elle et l'amour de sa vie, tendrement enlacés, dans un moment de complicité insoutenable. Celle qu'elle prenait pour son amie, l'une de ses meilleures amies, le tenait en effet serré dans ses bras, tout contre elle, le caressant amoureusement, enlaçant son cou, palpant son torse ... Cette vision était insoutenable pour Laly qui avait préféré faire demi-tour sans se faire remarquer. Les yeux remplis de larmes, le coeur brisé en mille morceaux, elle avait attendu que sa soi-disant amie quitte la maison pour monter s'enfermer dans sa chambre d'où elle n'avait plus bougé.
Et depuis, la brésilienne repensait sans cesse à cette scène terrible, à cette trahison insupportable.
Comment était-ce possible ? Que s'était-il passé ? Comment son amie avait-elle pu la trahir de cette façon ? Comment osait-elle lui voler ainsi l'homme de sa vie, son grand amour, qui ne pouvait même pas se défendre ? Et depuis quand cela durait-il ? Etait-elle aveugle à ce point pour n'avoir rien remarqué jusqu'à présent ?
Toutes ces questions se bousculaient dans la tête de Laly, formant une farandole lancinante.
La jeune femme éclata en sanglots. Elle avait l'impression que son coeur allait se briser de tristesse, que son esprit allait exploser à force de vaines réflexions.
Elle se sentait trahie par ceux qu'elle aimait et cela l'anéantissait au plus profond d'elle-même.
A ce moment-là, Sébastien pénétra dans la chambre en sifflotant et eut l'air très surpris d'y trouver sa fiancée.
- Laly, tu es là ? Pourtant j'ai croisé Béné en bas et elle m'a dit que tout le monde était sorti … Mais attends … Laly, tu pleures ? Qu'est-ce qu'il se passe mon bébé ?
Inquiet, Sébastien s'assit sur le lit et voulut poser sa main sur le bras de Laly. Mais celle-ci se dégagea avec force, les yeux remplis de larmes de douleur et de rage.
- Mais mon bébé, qu'est-ce qu'il te prend ?
- Tu viens de dire que Bénédicte est en bas, c'est bien ça ?
- Euh oui, dans le salon, elle est en train de dessiner pour un devoir.
Le visage de la brésilienne devint d'une dureté féroce, comme animé d'une volonté implacable, et elle se leva d'un bond.
- Mais attends, où tu vas Laly ? la questionna son copain méfiant.
- Cela ne te regarde pas Sébastien. Mais je peux te jurer que cette grosse vache ne s'en sortira pas comme ça, je vais en faire de la chair à pâté, du steak haché, de la viande pour chiens …
Le visage de Laly reflétait une haine terrible qui horrifia Sébastien pourtant habitué aux réactions inhabituelles de sa compagne.
Mais avant qu'il ait pu faire un geste pour la retenir, Laly était sortie de la chambre en claquant la porte qu'elle ferma à clé de l'extérieur.
Sébastien ne put que tambouriner contre le bois en criant « Laly, ouvre-moi ! », tandis qu'il l'entendait dévaler les escaliers à toute vitesse.

***

Bénédicte était confortablement installée dans les coussins du canapé quand elle vit débouler Laly comme une furie.
- Ah tu es là, hurla celle-ci en se plantant devant la jeune femme.
L'interpelée lui lança un regard interloqué.
- Ben oui, je suis sortie un moment mais je suis rentrée tôt pour finir un devoir.
- Tais-toi, je ne t'ai pas demandé de me raconter ta vie !
- Laly, mais qu'est-ce qu'il t'arrive encore ? Pourquoi tu me parles sur ce ton ? protesta Bénédicte d'un air sidéré.
- Je t'ai demandé de te taire, continua la brune d'une voix menaçante en s'approchant un peu plus.
- Ecoute Laly, je ne sais pas ce qu'il se passe mais je n'aime pas te voir dans cet état-là …
- Ah ouais, tu ne sais pas ce qu'il se passe ? Vraiment ? Arrête de te moquer de moi !
Devant la dénégation de Bénédicte, Laly eut un rire sarcastique.
- Non mais tu me prends pour qui !? Tu TE prends pour qui !? Pour le centre du monde ? Pour la fille la plus irrésistible de l'univers ?
- Mais enfin Laly, de quoi tu parles !? Qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu m'agresses de cette façon ?
- C'est ta manière de faire qui m'insupporte, cet air de ne pas y toucher et de poignarder ensuite tes copines dans le dos ... C'est vraiment ignoble de ta part, je ne te le pardonnerai jamais … Parce que je te faisais confiance, je te croyais mon amie, et tu m'as lâchement trahie … Pourquoi tu as fait ça ? Ta tapette à cheveux longs ne te suffit plus, il faut que tu voles en plus les hommes de tes copines ?
- Laly, la coupa Bénédicte d'un ton sec en se relevant d'un coup. Je ne sais toujours pas de quoi tu parles, mais je ne te permets pas de traiter José comme ça.
Laly éclata d'un rire mauvais et ironique.
- Ah mais ma chère, je n'ai pas mentionné son prénom. Est-ce le terme « cheveux longs » ou le mot « tapette » qui t'a fait penser à José ?
- Laly, arrête, ça suffit, tu dépasses les bornes !
- C'est moi qui dépasse le bornes ??? MOI ?!?! Alors que c'est TOI que j'ai surprise avec mon grand amour ?
Bénédicte manqua de s'étouffer sous l'effet de la stupéfaction.
- Qu'est-ce que tu viens de dire ?
- Ah, ne fais pas l'innocente, je t'ai vue ce matin, tu étais en train de le câliner, de l'embrasser … Tout ça sous mes yeux ... Comment tu as pu me faire ça !? Comment tu as pu me voler ainsi l'amour de ma vie ?
- Quoi !? Mais tu délires complètement ma pauvre fille, je n'ai jamais touché à Sébastien !
- Mais qui te parle de Sébastien, hurla Laly comme une hystérique, moi je te parle d'Apollon !?
Le Père Noël en personne serait apparu à cet instant précis devant Bénédicte qu'elle n'en aurait pas été plus surprise.
- Pardon, hoqueta l'accusée les yeux écarquillés d'incompréhension.
- Oui, je t'ai vue avec lui ce matin, tu le serrais tout contre toi, tu le caressais, tu …
Laly ne put finir sa phrase, un sanglot l'en empêcha.
- Je n'en crois pas mes oreilles, explosa à son tour Béné totalement éberluée. Tu es en train de me faire cette scène de jalousie spectaculaire parce que j'ai pris une vulgaire statue dans mes bras !?
- Mais Apollon n'est pas une vulgaire statue ! se défendit faiblement la jeune femme. C'est mon ami, mon amour … Mais peu importe, de toute façon il est à moi et tu n'as pas à te comporter de cette façon avec lui.
La brésilienne semblait tellement abattue tout à coup que son amie leva les yeux au ciel.
- Mais enfin Laly, est-ce que tu as au moins essayé de comprendre ce que je faisais ? J'ai un devoir urgent à finir pour demain. Le dessin d'un couple enlacé. Comme je n'avais pas beaucoup d'inspiration, j'ai décidé de prendre la seule chose « humaine » que j'avais sous la main, à savoir ton Apollon, et j'ai essayé de faire de nous un couple d'amoureux. J'ai pris diverses photos de nos poses, je les ai faites développer à midi, et depuis tout à l'heure, je tente d'en faire un dessin potable.
Devant l'air dubitatif de Laly, Bénédicte désigna de la main son espace de travail.
- Si tu ne me crois pas, regarde par toi-même.
Effectivement, à l'endroit où se tenait la jeune femme quelques instants plus tôt, se trouvaient du matériel à dessin et un carnet de croquis, sur lequel on devinait l'ébauche d'un couple tendrement uni. Tout autour, jonchant les coussins, était éparpillée toute une série de photos de Bénédicte enlaçant Apollon dans diverses postures.
- Alors, tu es convaincue ou il faut que je te fasse un dessin ?
Laly ne releva même pas la pointe d'humour de son amie.
- C'est vrai alors, il n'y a rien entre mon Apollon et toi ?
Bénédicte soupira, profondément agacée.
- Laly, ce n'est qu'une statue, il n'y a que toi pour t'imaginer des choses pareilles. Mais si ça peut te rassurer, non, ton Apollon ne m'intéresse absolument pas, tu peux te le garder.
A ces mots, le visage de Laly s'éclaira enfin d'un sourire soulagé.
- Ouf, ça va mieux.
Mais a contrario, son amie gardait un air très sérieux.
- Non mais tu te rends compte de ce qu'il vient de se passer Laly ? Tu m'as agressée verbalement, tu as insulté José d'une façon assez déplaisante, et tout ça simplement parce que tu pensais que je t'avais volé ton Apollon. C'est grave quand même. Quelle aurait été ta réaction si cela avait concerné ton petit ami ? Non, le pire dans tout ça, c'est que je ne suis même pas sûre que tu aurais réagi aussi vivement s'il s'était agi de Sébastien. Je me trompe ?
La tête honteusement baissée, Laly ne répondit rien.
- C'est bien ce que je pensais … Tu sais ce qu'on dit Laly, « la jalousie est un vilain défaut ». Surtout quand elle est aussi déplacée. Fais attention … Si tu continues avec tes délires, tu vas finir par perdre tous tes amis. Et Sébastien … Tiens, où est-il d'ailleurs ?
- Je l'ai enfermé dans notre chambre en descendant, je ne voulais pas qu'il intervienne dans mon règlement de comptes, répondit piteusement la brune.
- Pfff, c'est vraiment du grand n'importe quoi. Je vais aller lui ouvrir et lui expliquer la situation, il doit être mort d'inquiétude le pauvre.
Bénédicte exaspérée monta prestement à l'étage en jetant un regard noir à Laly qui n'avait pas bougé, la tête basse.
Mais au bout de quelques secondes, celle-ci esquissa un petit sourire et s'approcha doucement d'Apollon. Elle le regarda un instant avec admiration puis se pendit à son cou et déposa un léger baiser sur ses lèvres.
- Je savais bien que tu n'y étais pour rien mon Apollon. Ce n'est pas de ta faute si tu es irrésistible et si tout le monde craque pour toi. Mais tu es à moi, à moi seule, et je te protègerai toujours.
En disant cela, la brésilienne se blottit tout contre le torse de la statue, dans une attitude de farouche défense.
- Ces jaloux ne peuvent pas comprendre la particularité de notre relation, elle est tellement forte que ça les dépasse. En tout cas, je ne laisserai personne se mettre entre nous, ça je te le promets. Toi et moi, c'est pour la vie !
Laly embrassa une dernière fois Apollon, et après un ultime regard amoureux, elle monta rejoindre Sébastien et Bénédicte, le coeur plus léger ...

 

FIN