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Auteur : Avrildemai
Série : Les Vacances de l'Amour
Résumé : Cadeau de Noël 2009 pour moi qui voulais "une fanfiction sur le couple Hélène & Nicolas qui illustre le mieux possible la chanson "Géant de papier" de Jean-Jacques Lafon".
Note : Pour écouter la chanson, c'est ici, et pour les paroles, c'est ici.

 

Suivre son coeur ...

 

« Sois un homme mon fils, sois courageux, prends des décisions et tiens toi-y! » Les mots que lui avait souvent répétés son père résonnaient dans sa tête de façon très particulière dernièrement. Il avait demandé Jeanne en mariage quelques semaines plus tôt pensant l’aimer vraiment et pourtant aujourd’hui son esprit n’était plus hanté que par Elle … Il aurait dû se moquer de son retour. Après tout, eux deux ça datait, c’était de l’histoire ancienne. Ils avaient eu trois ans pour tourner la page, trois ans c’est beaucoup et pourtant si peu quand on a aimé si fort … Depuis un mois qu’elle était arrivée sur l’île, le jeune homme était obligé de s’avouer que ce n’était pas le cas, le livre de leur histoire était resté ouvert sur la dernière page qu’ils avaient écrite ensemble, et à aucun moment il n’avait tourné cette page, tout juste l’avait-il rangée dans un coin pas si loin de sa nouvelle vie. Il avait eu des jours et des jours pour réfléchir, peser le pour et le contre, savoir où il allait, réfléchir à tout ça, tout simplement … Une évidence s’imposait à lui … Il l’aimait ! Il avait beau être celui de la bande qui passait pour le plus fort et le plus équilibré, chaque fois qu’il était en sa présence il se sentait défaillir, et son cœur cessait de battre.

Depuis le bureau Nicolas pouvait l’observer s’affairant sur son bateau … Elle était si belle. Pour elle il aurait pu faire n’importe quoi, il aurait était capable de tout, juste pour un sourire d‘elle … Il ne se souvenait plus qu’on pouvait aimer si fort, de façon aussi inconditionnelle, aussi parfaite … Être capable de tout, juste par Amour …

Demandez-moi de combattre le diable
D'aller défier les dragons du néant
De vous construire des tours, des cathédrales
Sur des sables mouvants
Demandez-moi de briser les montagnes
D'aller plonger dans la gueule des volcans
Tout me paraît réalisable, et pourtant...

Mais il y avait Jeanne … Avait-il le droit de la faire souffrir maintenant ? Juste au moment où il lui avait offert cette promesse d’avenir … Et elle ? L’aimait-elle toujours autant que lui l’aimait ? Était-elle aussi troublée par ces retrouvailles ? Était-elle revenue pour lui ou … ? Que pouvait-il espérer ? Elle avait cet air si triste … Qu’avait-elle donc bien pu vivre loin de lui qui la blesse aussi fort ? Que n’aurait-il pas donné pour pouvoir l’en protéger, revenir en arrière et écarter tous les obstacles de leur route, pour lui rendre le sourire … Chaque nuit depuis qu’il l’avait revue, malgré Jeanne à ses côtés, c’est d’elle dont il rêvait, et s’ils faisaient l’amour c’est à elle qu’il pensait …
Malgré son côté fort et indestructible, malgré tout ce qui faisait de lui un homme, face à Hélène il se sentait comme un petit garçon perdu, terrorisé, mais prêt à déplacer des montagnes ou à lui décrocher la lune si seulement elle lui demandait … Juste pour elle et seulement pour elle … Il aurait pu passer toutes les épreuves, réaliser 12 travaux comme Hercule en son temps motivé par ses sentiments, en échange de la simple promesse de son amour …
Il devait lui parler … Il ne pouvait continuer comme ça, se voiler la face, mentir aux autres, à Jeanne et à lui-même … Il devait lui dire tout ça … Être fort, être un homme, prendre son courage à deux mains … Il sortit du bureau et le cœur battant à 1000 à l’heure, s’avança vers le bateau sans la quitter du regard. Elle était là, sublime, les yeux dans le vide, elle ne l’avait pas vu … Il avait envie de la serrer dans ses bras, de l’embrasser, il était plein de bonnes résolutions, lui parler, tout lui dire, la retrouver, rester calme, ne pas se laisser guider par son cœur mais par son cerveau … Mais toutes ces bonnes résolutions étaient bien plus faciles à prendre qu’à appliquer …

Quand je la regarde, moi l'homme loup au cœur d'acier
Devant son corps de femme, je suis un géant de papier

Quand il se retrouva devant elle, les mots et les idées s’embrouillèrent dans sa tête … Il avait les mains moites, la gorge sèche … Il se sentait comme un collégien confronté à une fille pour la première fois, comme s'il découvrait pour la première fois l’amour …

Nicolas : Je … Hélène … ?
Hélène sursautant se tournant vers lui et lui souriant : Nicolas … ? Je … (se ressaisissant) Tu veux monter ?
Nicolas grimpa dans le bateau pour réponse : Je … Je ne te dérange pas ?
Hélène : Non … J’allais faire un café … Tu en veux un ?
Nicolas : S’il te plaît …

Elle lui adressa un sourire et descendit dans la cabine tandis qu’il la suivait du regard. Il la connaissait par cœur, ses formes, sa démarche, chacun de ses petits gestes, la tonalité de sa voix tout ce qui faisait elle … Même l’odeur si particulière de son café … Il ne savait comment lui dire qu’elle lui manquait terriblement, qu’il avait besoin d’elle. Il se sentait comme un idiot, incapable d’exprimer ses sentiments, effrayé par tout ce qui se passait à l’intérieur de lui … Elle remonta avec deux tasses fumantes dans les mains, s’assit près de lit sur la banquette et lui tendit l’une des deux … Leurs mains se rencontrèrent accidentellement … Son cœur fit un bond dans sa poitrine, il la sentit frissonner. Elle baissa le regard comme gênée … Troublée … Elle retira sa main mais lui garda sa main sur la sienne et lia ses doigts aux siens …

Hélène : Nicolas je … On ne …
Nicolas cherchant en lui le courage : Hélène … Je … (lui tournant délicatement le visage pour placer ses yeux dans les siens) Je t’aime … Je t’aime toujours …

Il avait dit ça comme si les mots lui avaient brûlé la gorge, comme s’il était persuadé que c’était sa seule chance, sa seule occasion de le faire, que s’il l’avait laissée passer c’eut été trop tard, jamais il n’en aurait retrouvé la force ni le courage … Face à elle il se sentait fragile, en danger … Elle semblait comme paralysée, n’avait rien répondu, pas fait un geste, mais son regard s’était mis à briller plus fort, se remplissant de larmes … Il avait joué le tout pour le tout et s’était penché sur elle pour l’embrasser, joignant tendrement ses lèvres aux siennes, espérant ne pas se tromper, avoir su lire comme autrefois dans ses yeux … Elle lui rendit immédiatement son baiser dans un soupir, comme soulagée et il se détendit comprenant qu’elle ressentait la même chose que lui, l’embrassant plus fort et plus intensément encore … Quand enfin ils se séparèrent, elle baissa les yeux et s’écarta un peu de lui …

Hélène : Il faut oublier ça tout de suite … On ne peut pas …
Nicolas : Dis pas ça … Je t’aime … Je t’aime plus que tout au monde …
Hélène la voix tremblante : Tu crois que tu m’aimes mais …
Nicolas posant dans une caresse sa main sur sa joue : Je sais que je t’aime … Je t’ai toujours aimée …
Hélène : Ce sont nos souvenirs que tu aimes … Celle que tu aimes vraiment c’est Jeanne … Il ne faut pas Nicolas …
Nicolas : C’est vrai, je croyais aimer Jeanne, mais dès le moment où je t’ai revue j’ai su que je m’étais voilé la face c‘est toi et seulement toi que j‘aime … Et si tu m’aimes alors …
Elle se leva comme pour le fuir, il se leva à son tour et lui posa les mains sur les épaules …
Hélène la voix tremblante : Nicolas … On n’a pas le droit …
Nicolas : Dis-moi que tu ne m’aimes plus et je te jure que jamais plus je ne t’en parlerai …

Elle se retourna vers lui bien décidée à lui mentir, à lui dire cette phrase pourtant si fausse, si loin de ce que son cœur lui criait, mais elle devait écouter son cerveau, faire taire son cœur pour ne pas détruire ce qu’il avait reconstruit loin d’elle, pour ne pas infliger à Jeanne ce qu’elle avait vécu elle-même et qui la faisait encore tant souffrir …

Hélène : Nicolas je ne t‘ …
Elle sentit ses yeux se perdre dans les siens et ne put continuer, d’abord meurtri, il lui offrit un sourire soulagé et moqueur …
Nicolas : Moi aussi je t’aime …

Hélène se serra tout contre lui la tête au creux de son épaule. Il pouvait sentir son cœur battre contre son torse, et il plongea son nez dans son cou respirant avec bonheur l’odeur sucrée de sa peau et glissant ses doigts dans ses longs cheveux comme il le faisait si souvent avant, retrouvant instinctivement les gestes d’autrefois … Il maria ses lèvres aux siennes doucement puis de plus en plus passionnément, il avait envie d’elle, de retrouver cette fusion si parfaite qui existait entre eux, son corps la réclamait, mais il savait qu’il n’avait pas encore le droit, pas tout de suite … Cette fois c’est lui qui s’écarta d’elle, avec regrets …
Nicolas les yeux dans les yeux avec elle : Je dois parler à Jeanne … Je dois lui dire …
Hélène hocha la tête culpabilisant d’être celle par qui la jeune femme allait souffrir mais il l’embrassa une fois encore et elle ne put se résoudre à stopper ce qui allait se passer … Son cerveau semblait avoir enclenché la touche « veille » pour ne laisser s’exprimer que son cœur si plein de cet amour pour lui qui n’avait cessé de s’accroître même quand il n’était plus là …
Le jeune homme s’éloigna non sans regarder derrière lui, et elle descendit dans la cabine, s’assit à la table et sortit d’un petit livre une photo d’eux deux qu’elle regarda avec mélancolie et joie mélangées avant de l’accrocher à la paroi du bateau, faisant courir ses doigts sur le visage en papier glacé de l’homme qu’elle aimait … Elle soupira un grand coup puis se décida à aller rejoindre les filles pour déjeuner comme c’était prévu … Elle avait hâte de le revoir, elle avait des petits papillons dans le ventre et comme de petites ailes dans le dos … Elle ne le revit pas de la journée mais le soir même, il était là, devant la maison des filles, un bouquet de fleurs à la main …

Laly : Ah ben je comprends mieux pourquoi tu étais si heureuse aujourd’hui !
Hélène rougit : Je …
Johanna : T’as pas besoin de t’expliquer, file ma belle, va le rejoindre !
Laly : On ne s’inquiète pas si tu ne rentres pas …
Johanna : Laly !
Hélène les embrassant : Je vous aime les filles !
Laly : Nous aussi on t’adore ! Allez va ! Il t’attend ! Tu nous raconteras demain hein !

Hélène monta dans le 4*4 de Nicolas. Il l’embrassa sous l’œil ravi des filles qui malgré leur amitié pour Jeanne ne pouvaient s’empêcher de se réjouir de voir Hélène et Nicolas enfin réunis … Ils roulèrent jusqu’à la cabane sans rien dire … Nicolas lui avait juste expliqué qu’il avait tout avoué à Jeanne et que celle-ci n’avait pas vraiment été surprise … Elle était partie s’installer quelques jours chez Jimmy et Bénédicte et pensait repartir en métropole quelques temps mais n’en voulait pas à Hélène et avait demandé au jeune homme de lui dire, leur souhaitant d’être heureux tous les deux. Arrivés sur place, Nicolas aida Hélène à descendre de voiture, puis les mains plaquées sur ses yeux la conduisit jusqu’à la plage …

Nicolas : Ne crains rien, avance tout droit … Fais-moi confiance !
Hélène posant ses mains sur celles de Nicolas : Je te fais toujours confiance …
Nicolas l’embrassant doucement dans le cou : Je t’aime … (retirant ses mains de devant ses yeux) Reste avec moi …
Hélène voyant la magnifique table que Nicolas a préparée : Je reste ne t’inquiète pas, (amusée) j’ai envie de voir ce que tu m’as préparé de bon …
Nicolas plus sérieux : Je veux dire pour de bon, viens vivre avec moi …
Hélène se tournant vers lui : Tu es sérieux ?
Nicolas la serrant contre lui : Tout ce qu’il y a de plus sérieux … (Hélène le regarda dans les yeux et lui sourit) Tu veux bien ?
Hélène : Oui … Je veux rester pour toujours avec toi …
Nicolas l’embrassant passionnément : Je ne veux plus te quitter … Plus jamais …

Il l’entraîna sur la plage et s’assit sur le sable avec elle. Elle se lova dans ses bras et ensemble ils contemplèrent le soleil se noyer dans l’océan colorant le ciel de couleurs merveilleuses. Ils se sentaient heureux, prêts à affronter le monde tant qu’ils seraient ensemble … Il glissa ses mains sous le tee-shirt d’Hélène et la déshabilla … En lui faisant l’amour il redécouvrit des sensations qu’il croyait avoir perdues à jamais, l’impression de ne faire qu’un avec elle, de n’avoir besoin de rien de plus dans l’existence que sa présence, et que le monde pouvait bien s’effondrer à cet instant ça n’aurait plus aucune importance …

Quand je la caresse et que j'ai peur de l'éveiller
De toute ma tendresse, je suis un géant de papier

Il la regardait dormir au creux de son bras, laissant ses doigts doucement parcourir ses courbes, écoutant silencieusement sa respiration, le sourire aux lèvres … Il avait enfin l’impression de revivre, d’être là où il devait être avec la personne avec qui il devait être … Il avait peur de s’endormir et de se réveiller le lendemain en se rendant compte que ce n’était qu’un rêve, un rêve merveilleux mais bien trop court … Il voulait profiter de chaque instant auprès d’elle, savourer chaque petit moment, tous plus précieux les uns que les autres … Oui pour elle, plus que jamais, il savait qu’il pourrait, que rien n’était impossible … Tous les obstacles qui se dresseraient sur leur route il les franchirait, il ferait n’importe quoi pour conserver l’instant présent, rien ne lui paraissait impossible … Elle et elle seule comptait, rien de plus au monde n’avait grande importance, l’espace de ses bras lui suffisait à vivre, ses baisers seraient sa seule nourriture, et ses sourires sa lumière …

Demandez-moi de réduire en poussière
Cette planète où un dieu se perdrait
Elle est pour moi comme une fourmilière
Qu'on écrase du pied
Demandez-moi de tuer la lumière
Et d'arrêter ce soir le cours du temps
Tout me paraît réalisable, et pourtant...

Elle se réveilla et le regarda. Elle avait l’air heureuse, il était heureux. Elle passa ses bras autour de son cou, il l’embrassa tendrement. Elle et lui c’était pour la vie … Elle seule pouvait lui procurer ce mélange de sentiments ambivalents, de peur et de force à la fois, l’impression d’être indestructible mais si fragile aussi, de tout connaître d’elle mais pourtant d’avoir encore tant à découvrir, d’être repu de ses baisers mais d’en vouloir encore plus … Comment avait-il pu survivre tant d’années sans être à elle ? Comment avait-il pu envisager de refaire sa vie avec une autre ? Elle était son autre, la seule, l’unique, son âme sœur …

Quand je la regarde, moi l'homme loup au cœur d'acier
Devant son corps de femme, je suis un géant de papier
Quand je la caresse et que j'ai peur de l'éveiller
De toute ma tendresse, je suis un géant de papier
Quand je la regarde, moi l'homme loup au cœur d'acier
Devant son cœur de femme, je suis un géant de papier

 

FIN